Moins d’offres, mais pas moins de besoins : en 2025, le marché cadre se contracte, tandis que certains métiers continuent d’accélérer. Pour le décrypter, l’Association pour l’emploi des cadres oppose deux dynamiques. Les métiers dits « poids lourds » rassemblent ceux qui ont totalisé au moins 4 500 offres en 2025. Les métiers « Formule 1 » regroupent ceux ayant dépassé 500 offres et progressé de plus de 2 % sur un an (2025 vs 2024). Soit, d’un côté,
les métiers qui concentrent les volumes ; de l’autre, les métiers émergents en forte croissance, malgré le ralentissement.
« Poids lourds » : des volumes massifs, même en repli
Premier enseignement : même en année de repli, le marché cadre conserve ses « moteurs ». Le Top 10 des métiers dits « poids lourds » ne bouge pas par rapport à 2024 et, en 2025, tous reculent à l’exception de l’expert-comptable (5 600 offres, +7 %). Ces dix métiers pèsent à eux seuls 23 % des offres cadres publiées sur apec.fr. Le marché reste donc structuré par des fonctions qui irriguent toutes les entreprises, quels que soient les secteurs : finance-gestion, commerce, informatique de production et conduite de travaux.
En tête, comptables (17 800 offres, –13 %) et développeurs (12 690, –20 %) restent les deux portant les plus gros volumes. Derrière, le trio chargés d’affaires (10 470, –14 %), conducteurs de travaux (8 560, –6 %) et commerciaux (7 830, –1 %) confirme le poids du business et du BTP. Viennent ensuite ( plus de 5 000 offres): l’expert-comptable, le responsable comptable ( –14 %), chef de projet informatique ( –23 %), contrôleur de gestion ( –26 %). Le signal est double : la demande cadre se contracte, mais elle se concentre d’abord sur ces métiers « socle » — ceux qui pilotent, vendent, livrent et font tourner les systèmes.
« Formule 1 » : les métiers qui progressent, malgré la baisse générale
Deuxième enseignement : la dynamique ne disparaît pas, elle se concentre. L’Apec recense 17 métiers « Formule 1 », dont 12 nouveaux. Entre 2024 et 2025, leurs offres augmentent de +11 %, alors que l’ensemble du marché recule d’environ 15 %. Trois blocs se détachent : la donnée, certains métiers du BTP, et des fonctions de coordination dans la santé et le médico-social. Dans la donnée, le data engineer progresse (+10 %, 1 920 offres). Dans la construction, directeur des travaux (+11 %) et économiste de la construction (+6 %) avancent. Dans la santé, le social et le médico-social, la hausse est nette sur des métiers d’organisation et d’encadrement : médecin coordonnateur (+35 %, 1 360 offres), médecin de prévention (+27 %), infirmier coordinateur (+25 %), mais aussi infirmier (+17 %, 2 230) et psychologue (+8 %, 2 060).
D’autres postes accélèrent également : responsable d’agence d’emploi (+36 %) et business manager (+13 %). Des fonctions de direction progressent plus modérément, comme directeur commercial et marketing (+6 %) ou directeur comptable (+8 %).
* L’étude s’appuie sur les offres publiées entre 2022 et 2025, avec un intitulé de poste identifié pour au moins 90 % des annonces, et classe les métiers à partir de la nomenclature Apec (450 métiers cadres).
Compétences : ce que les offres « demandent » en plus du métier
L’étude de l’Apec met en regard les intitulés de poste et les compétences citées dans les annonces, qu’elles soient techniques ou comportementales. Des marqueurs se dégagent selon les métiers : sur les fonctions projet, la capacité à être force de proposition est plus souvent mise en avant que dans l’ensemble des offres. Sur la donnée, la curiosité est davantage recherchée. Dans la conduite de travaux et les métiers de chantier, l’organisation reste un marqueur central. Côté commerce, le goût du challenge ou le sens du relationnel ressortent, logiquement, plus fréquemment.