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Meurthe-et-Moselle : l’État au chevet des maisons fissurées

La Meurthe-et-Moselle figure parmi les 11 départements pilotes d’une expérimentation nationale majeure. Pour contrer le phénomène de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA), accentué par la crise climatique, les propriétaires de maisons individuelles peuvent désormais bénéficier d’un soutien financier de l’État dédié à la prévention des dommages structurels.


© D.R.
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Le département rejoint aujourd'hui un dispositif national inédit pour faire face à un fléau silencieux : le Retrait-Gonflement des Argiles (RGA). Dans un contexte de dérèglement climatique, l’alternance brutale entre sécheresses et pluies intenses fait varier le volume des sols, mettant à rude épreuve les fondations. Les prévisions de la Caisse centrale de réassurance (CCR) sont sans appel : la sinistralité liée au RGA pourrait bondir de 44% à 162% d’ici 2050. Face à cette accélération, l'État change de paradigme en misant sur l'anticipation. L'objectif est de passer d'une logique de réparation post-sinistre, souvent coûteuse et tardive, à une approche proactive permettant de limiter les dommages et de réduire les coûts à long terme.

Diagnostic et travaux : un accompagnement sur mesure

Concrètement, l'aide proposée aux ménages permet de sécuriser leur patrimoine avant l'apparition des premiers dégâts. Le dispositif comprend la réalisation d'un diagnostic technique de vulnérabilité de l'habitation face au risque RGA et, si nécessaire, la prise en charge financière de travaux de prévention adaptés. Ce coup de pouce cible spécifiquement les propriétaires en zone d'exposition forte. Pour être éligibles, ces derniers doivent occuper une résidence principale achevée depuis plus de 15 ans, non mitoyenne, et ne présentant pas de fissures supérieures à un millimètre. L'octroi de l'aide reste par ailleurs soumis à des plafonds de ressources.

Un enjeu national de protection des biens

Cette expérimentation répond à une urgence nationale : en France, 10,4 millions de maisons individuelles sont situées en zone d'exposition moyenne ou forte. Le RGA pèse lourdement sur la solidarité nationale, représentant déjà 70% des indemnisations versées au titre des catastrophes naturelles. Agir en amont, en informant les propriétaires et en les aidant à adapter leurs habitations, est devenu une nécessité pour réduire la vulnérabilité du territoire face au réchauffement climatique. Les propriétaires intéressés sont invités à vérifier leur éligibilité et à déposer leur dossier sur les plateformes gouvernementales.