La Meuse franchit un nouveau seuil face à la sécheresse. Depuis le 5 octobre, l’ensemble du département est classé au niveau «crise», le degré le plus élevé du dispositif préfectoral. En cause : un déficit cumulé de précipitations de 55% en juin, juillet et août, aggravé par un mois de septembre marqué par un déficit de 95% au 23 septembre. Sur douze mois, neuf ont été déficitaires.
Cette situation pèse désormais directement sur l’accès à l’eau. Selon la préfecture, 15% des unités de distribution meusiennes disposent d’une ressource sous tension ou connaissent une rupture d’approvisionnement. Le passage en crise interdit notamment le lavage des véhicules, le remplissage des piscines privées de plus d’un mètre cube et l’irrigation agricole, y compris par goutte-à-goutte. L’arrosage des potagers reste possible uniquement entre 20 h et 9 h. Pour les entreprises et les exploitations, ces restrictions peuvent donc modifier certaines pratiques et accroître la nécessité d’anticiper les besoins en eau.
Une pression qui gagne les territoires français
La Meuse s’inscrit dans une sécheresse qui dépasse largement le cadre départemental. Au 10 septembre, 74 départements français avaient déjà atteint le niveau de crise, sur 93 concernés par des restrictions supérieures à la vigilance. Le bulletin national de situation hydrologique de septembre faisait également état d’un record de sécheresse des sols superficiels et de 61% des nappes sous leur niveau normal.
Au niveau national, l’enjeu dépasse désormais la seule gestion des usages domestiques. L’État souligne que la sécheresse affecte notamment l’agriculture et l’industrie, tandis que le niveau «crise» vise à préserver en priorité l’alimentation en eau potable et les usages essentiels.