Le Plan Herbe® Meuse, lancé en 2023 pour une durée de cinq ans, s’inscrit dans une stratégie de préservation des surfaces en herbe, essentielles à l’activité d’élevage. Dans un département où l’agriculture représente un levier économique structurant, l’enjeu porte autant sur la pérennité des exploitations que sur la gestion des ressources naturelles et la valorisation des productions locales. L’intégration de la Safer Grand Est vise notamment à faciliter les transmissions d’exploitations et à orienter le foncier agricole vers des projets d’élevage viables.
Dans les faits, l’organisme foncier s’engage à prioriser la cession des prairies permanentes aux éleveurs, à accompagner les reprises d’exploitations et à soutenir des installations fondées sur l’élevage à l’herbe. Plusieurs opérations menées en 2025 illustrent déjà cette orientation, avec des projets d’élevage bovin et laitier portant sur plusieurs dizaines à plus de 180 hectares, intégrant des enjeux de préservation des zones humides et des espaces classés.
Enjeux fonciers et souveraineté alimentaire
Au-delà de la dimension agricole, ce dispositif s’inscrit dans une logique économique plus large. Selon l’Insee, la France compte environ près de 390 000 exploitations agricoles en 2020 exploitations agricoles, dont une part importante dépend encore de systèmes herbagers pour la production animale. La sécurisation du foncier et le maintien de l’élevage constituent ainsi des leviers clés pour la souveraineté alimentaire, la structuration des filières agroalimentaires et la préservation de l’emploi rural, dans un contexte de forte pression sur les terres agricoles et de recomposition des modèles de production.