Mort d'un étudiant après une soirée d'intégration à Lille: le procès s'est ouvert
Le procès concernant la mort d'un étudiant en médecine après une soirée d'intégration alcoolisée à Lille en 2021 s'est ouvert mardi, avec trois étudiants jugés pour bizutage ou complicité et l'Université de...
Le procès concernant la mort d'un étudiant en médecine après une soirée d'intégration alcoolisée à Lille en 2021 s'est ouvert mardi, avec trois étudiants jugés pour bizutage ou complicité et l'Université de Lille citée à comparaître pour homicide involontaire.
Simon Guermonprez, 19 ans, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d'intégration.
A l'issue de cette soirée, déposé en Uber au domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme se serait ensuite rendu sur un pont autoroutier. Il aurait pris un selfie avant d'être mortellement percuté par un camion circulant sur l'autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies, selon l'enquête.
Le chauffeur du poids lourd, qui avait initialement déclaré aux policiers ne pas avoir percuté la victime, invoquant sa "peur d'aller en prison", est jugé pour homicide involontaire.
A l'ouverture du procès mardi, il a affirmé que le jeune homme se trouvait sur la bande d'arrêt d'urgence avant de se "jeter" sous son camion.
"Je n'ai pas eu le temps de piler, il s'est jeté, ne n'ai pas pu l'éviter, je suis désolé mais je n'ai rien pu faire", a déclaré à la barre le prévenu de 50 ans.
Deux étudiants comparaissent pour bizutage et une étudiante pour complicité de bizutage, avec incitation à la consommation excessive d'alcool.
L'Université de Lille fait l'objet d'une citation directe pour homicide involontaire et bizutage à la demande de la famille de Simon Guermonprez.
"Ils ont fermé les yeux. Ils savent très bien qu'il y a des dangers dans ce type de soirée d'intégration", selon le père de la victime, Daniel Guermonprez, qui réclame des "sanctions" afin que de tels faits "ne se reproduisent pas".
Selon lui, l'un des objectifs imposés lors de la soirée était "d'ingurgiter douze grosses seringues d'alcool". "On comprend que, quand il est déposé devant la maison, il est complètement désorienté", ajoute-t-il, interrogé par l'AFP peu avant le début du procès.
La mort de Simon Guermonprez a "bouleversé" l'ensemble de la communauté universitaire, a souligné l'Université de Lille dans un communiqué, affirmant avoir "toujours condamné les pratiques de bizutage" et s'être "toujours engagée dans la prévention des risques liés à la consommation d'alcool".
Après ce drame, un rapport de l'IGESR (Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche) avait pointé "une passivité institutionnelle" de l'Université de Lille concernant ces soirées d'intégration.
L'accueil des futurs étudiants en deuxième année de médecine à Lille par ceux de troisième année a "continué à avoir lieu au vu et au su de tous", relevait ce rapport remis en 2022 au ministère de l'Enseignement supérieur.
Pourtant, ces soirées ont déjà été "le théâtre d'événements graves" et sont officiellement interdites par la faculté de médecine depuis 2012, toujours selon ce rapport.
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