Un mois après la disparition de Manon Relandeau, jeune mère de famille de la région nantaise qui pourrait avoir été tuée, son conjoint a été interpellé par la police en Algérie, en compagnie de leur fillette de 15 mois.
Cet homme de 41 ans, de nationalité algérienne, avait pris l'avion le 2 avril avec la petite Inaya, à destination de l'Algérie, selon le parquet qui a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement.
"Le conjoint de la disparue a été interpellé par les services de police algériens" lundi et "sa fille Inaya était avec lui", a annoncé le procureur de Nantes, Antoine Leroy, dans un court message adressé mardi à des journalistes.
L'homme était visé par une notice rouge d'Interpol et c'est dans ce cadre qu'il a pu être arrêté, a précisé le procureur à l'AFP. Le suspect était par ailleurs déjà connu de la justice. Il avait été condamné en 2019 à Nantes à une peine avec sursis pour des violences conjugales sur sa compagne de l'époque, a-t-il ajouté.
Selon le parquet, Manon avait contacté récemment l'association Citad'elles qui vient en aide aux femmes victimes de violences. Elle avait même pris un rendez-vous, qu'elle n'avait pas honoré, pour le 3 avril, jour où une voisine a signalé aux gendarmes sa disparition, inquiète de ne plus voir la jeune maman et son bébé.
Deux personnes mises en examen
Dans ce dossier, deux personnes ont par ailleurs été mises en examen les 22 et 23 avril pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime" et "modification des lieux d'un crime", a indiqué Antoine Leroy. Ces deux personnes ont été placées en détention provisoire, a-t-il précisé.
Après avoir quitté le territoire français, le conjoint de la jeune femme a "contacté quelques personnes par téléphone", avait expliqué le parquet dans une précédente communication aux médias.
Cette disparition a suscité un fort écho médiatique et de nombreuses opérations des forces de l'ordre ont été menées sur le terrain pour retrouver la femme disparue, une agricultrice de 31 ans qui élevait des vaches et des chevaux.
Des dizaines de gendarmes ont ainsi été mobilisés pour des recherches autour du domicile du couple et près de la ferme tenue par Manon Relandeau, à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), à une vingtaine de km à l'ouest de Nantes. Des plongeurs avaient été déployés et des recherches effectuées par drone et hélicoptère.
Les recherches se poursuivent
Aucune trace de la victime présumée n'a été retrouvée à ce stade. "Les gendarmes sont très mobilisés en ce qui concerne la recherche de Manon Relandeau", a souligné auprès de l'AFP le procureur de Nantes. Ces recherches "sont constantes, n'ont pas cessé et sont indépendantes" de l'interpellation intervenue en Algérie, a-t-il précisé.
Un appel à témoin avait été lancé la semaine dernière.
Une conférence de presse de la gendarmerie est prévue mercredi à 11H00 devant la ferme à Saint-Etienne-de-Montluc.
Interrogé par l'AFP, le procureur n'a pas souhaité s'exprimer sur les procédures judiciaires en cours ou sur une éventuelle demande d'extradition.
Selon une convention signée entre la France et l'Algérie, aucun des deux pays n'extrade vers l'autre ses ressortissants. Ils peuvent toutefois être poursuivis dans leur pays d'origine.
La coopération judiciaire bilatérale pourrait ne pas être simple. Les relations entre la France et l'Algérie sont dégradées depuis la reconnaissance par Paris à l'été 2024 d'un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le Sahara occidental.