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Municipales: le patron du PS sous le feu des critiques pour sa stratégie d'alliances

Accusé en interne d'un "manque de clarté" sur sa ligne, Olivier Faure est fragilisé après l'échec d'alliances avec LFI au second tour des municipales et se voit réclamer des "explications", mais lui impute les défaites de la gauche...
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure pose sur le plateau de France2 le 16 mars 2026 © Ludovic MARIN

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure pose sur le plateau de France2 le 16 mars 2026 © Ludovic MARIN

Accusé en interne d'un "manque de clarté" sur sa ligne, Olivier Faure est fragilisé après l'échec d'alliances avec LFI au second tour des municipales et se voit réclamer des "explications", mais lui impute les défaites de la gauche à Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui un "boulet".

Alors que le PS a essuyé dimanche la perte de plusieurs villes emblématiques comme Brest, Clermont-Ferrand ou Tulle, dont les maires sortants, en difficulté, avaient choisi de s'allier avec La France insoumise au second tour, le premier secrétaire du parti devrait vivre mardi un bureau national tendu, ses opposants souhaitant dénoncer "la confusion" des alliances de l'entre-deux-tours.

En effet, la direction du parti, après avoir affirmé qu'aucun accord national ne serait conclu - ni au premier ni au second tour - avec la formation de Jean-Luc Mélenchon, accusé de "propos antisémites intolérables", a finalement laissé faire les élus locaux qui ont fusionné leur liste avec la gauche radicale.

De quoi fâcher plusieurs ténors socialistes, comme l'ancien président François Hollande qui a appelé à "ouvrir un débat", l'ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui réclame "une nouvelle direction" du parti, le chef des sénateurs Patrick Kanner qui a regretté un "problème de fonctionnement".

Le premier secrétaire va devoir fournir "des explications par rapport à la confusion liée aux alliances d'entre-deux-tours avec LFI", déclare un député. "Il a manqué de cap clair. Soit il ne fallait pas présenter la résolution dénonçant l'antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon, soit interdire les accords locaux", estime-t-il.    

Des critiques qui font écho à celles déjà formulées dimanche soir par le député Jérôme Guedj ou le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, tous deux pourfendeurs de la gauche radicale, et qui ont aussi des velléités pour 2027.

Clarté" demandée

Lundi matin, le président des députés socialistes, Boris Vallaud, jusque-là très discret, a également pris le chef socialiste pour cible.

Celui qui avait tenté, en vain, de prendre la tête du PS lors du dernier congrès et s'était finalement rallié à M. Faure, a jugé que "beaucoup de Français n'ont pas compris quelle était la ligne" du PS dans l'entre-deux-tours, et que "la clarté" était demandée "par une majorité au Parti socialiste".

De quoi présager un bureau national tumultueux, les partisans du Premier secrétaire ayant bien l'intention de défendre leur chef, face à ceux qui "refont la bataille du congrès", affirme un élu.

Boris Vallaud, à qui beaucoup prêtent des ambitions présidentielles, veut être "le candidat de l'opposition à Olivier Faure dans une primaire interne" du PS, pense un autre cadre.

"On ne peut pas reprocher à Olivier Faure des accords" faits par des élus locaux, dont "une majorité sont issus des courants de nos opposants", comme à Brest, Tulle ou Clermont-Ferrand, ni lui imputer des défaites, qui sont liées pour certains maires à "l'usure du pouvoir", et à "une poussée de la droite et l'extrême droite", affirme le même socialiste. 

Car la présidentielle est dans tous les esprits. François Hollande a de nouveau rejeté lundi sur France 2 le projet de primaire soutenu par Olivier Faure et qui associerait le PS, les Écologistes et les ex-Insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin.

"Ce que je peux vous assurer ce soir, c'est qu'il y aura une candidature de la gauche réformiste en 2027", a-t-il déclaré, dessinant un espace politique à la droite du PS avec les amis de Raphaël Glucksmann et de l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Boulet de la gauche

Olivier Faure a de son côté esquivé les critiques lundi, défendant les alliances "de maires qui, en conscience, ont fait des choix", qu'il dit avoir "compris", refusant d'être "un dictateur".

Le premier secrétaire a surtout fait porter la responsabilité de l'échec sur Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui "le boulet de la gauche".

Il a appelé les Insoumis qui souhaitaient gagner à Toulouse ou Limoges à "se poser la question de Jean-Luc Mélenchon", alors que le leader de la gauche radicale est déjà lancé vers une nouvelle candidature à la présidentielle.

"La vérité, c'est que le Parti socialiste est devenu une machine à perdre. Olivier Faure ferait mieux de s'occuper de comment il va garder son parti plutôt que de vouloir s'occuper de la France insoumise", a répondu le coordinateur de LFI Manuel Bompard à l'AFP.