Lars Ulrich, Nicko McBrain, Ringo Starr, Richard Kolinka ou encore Debbie Peterson en passant par Sheila Escovedo, le mur du «son» version batteur et batteuse donne le ton. La galerie de portraits, affichant une parité quasi parfaite, accueille le visiteur, prémices à une odyssée musicale version toms et caisse claire mais pas que !
Installé au cœur de Senones depuis juin 2023 dans quelque mille mètres carrés d’un ancien magasin de bricolage, le musée de la Batterie affiche une singularité certaine.
«C’est le seul en France et dans le monde à être entièrement consacré à cet instrument», assure Jean-François Vassas, l’instigateur de ce temple de la caisse claire. Entrepreneur senonais d’adoption ayant trouvé en terres vosgiennes un terreau entrepreneurial fertile et batteur passionné depuis quarante ans, propose un lieu de partage et d’ouverture où l’instrument s’affiche comme un vecteur de lien.
Près de sept cents visiteurs, dont certains en provenance de Dubaï, poussent les portes chaque mois de ce haut-lieu connu et reconnu des puristes et ouvert tous les jours (avec possibilité de visites commentées sur réservation deux jours à l’avance). 160 modèles sont exposés et savamment mis en scène dans un voyage temporel des origines de l’instrument à nos jours.
Dans la batterie, 90% du son vient du musicien
«J’en possède encore près de cinq cents en stock.» Une collection constituée par le passionné au fil du temps et qui vient alimenter des expositions éphémères mettant en lumière un pays, une marque, des innovations majeures ou encore des musiciens ayant contribué à l’évolution de l’instrument.
Reflet de société
Les époques phares de l’histoire du rock et de l’ensemble des genres musicaux sont pédagogiquement expliquées ouvrant l’esprit à ces véritables cultures et art de vivre.
«Le batteur a souvent été le joueur de l’ombre, aujourd’hui il reprend de la lumière notamment grâce à la vague actuelle du RnB. À la différence d’autres instruments, 90% du son vient du bonhomme».
À travers les modèles exposés, c’est une certaine histoire du monde qui est contée et pas seulement musicale. La batterie, instrument reflet d’une société en mouvement. Les pièces singulières sont légion à l’image de la batterie de Christophe Deschamps ayant sonné à l’occasion de la dernière tournée des Vieilles Canailles du trio mythique Johnny Hallyday, Jacques Dutronc, Eddy Mitchell.
«Quand des groupes de bikers viennent visiter, certains n’osent pas la toucher. Le patron Johnny y a mis ses mains, c’est sacré !».
À ses côtés, d’un rouge pailleté, la batterie qui aurait servi lors de l’enregistrement du sacro-saint Antisocial de Trust en 1980. Un voyage dans le temps du bon son mais également dans l’évolution artisanale et technique de la conception de l’instrument et de ses indispensables complices baguettes, cymbales et autres pédales.
Ces savoir-faire, ces savoir-être revivent grâce à l’organisation de concerts, de master class, de conférences. Le musée de la Batterie de Senones, plus qu’un musée, un état d’esprit, une vraie philosophie de vie…
Phil Collins dans les murs
Baguette levée, il s’apprête à faire raisonner ses fûts ! Phil Collins, du moins sa statue de cire auparavant propriété du musée Grévin de Paris, est résident permanent du musée de la Batterie de Senones depuis la fin mars. «Chaque année, le musée Grévin réactualise ses collections, j’ai eu l’opportunité de mettre la main dessus.» Une belle prise pour Jean-François Vassas, le fondateur du musée de la Batterie.