À l'occasion de la Journée nationale de la Déportation, la cité ducale s'apprête à dévoiler une œuvre monumentale face au Centre Prouvé. Ce projet, porté par la Ville et la Métropole du Grand Nancy aux côtés de l’association Mémoire de la Shoah en Lorraine, témoigne d'une volonté de graver l'histoire dans l'espace public nancéien.
Un ancrage symbolique et urbainInstallée boulevard Joffre, l'œuvre d’Arik Levy puise sa force dans le rite ancestral du dépôt de pierres sur les sépultures. Composée de six blocs de métal, la structure rend hommage aux six millions de vies fauchées, dont deux blocs plus modestes rappelant le sacrifice des enfants. Le choix de l'acier Corten, matériau vivant qui s’oxyde avec le temps, confère au monument une dimension organique. Les patines naturelles évoquent des larmes pétrifiées, transformant cet aménagement urbain en un espace de recueillement dynamique qui défie l’érosion du temps.
Une dynamique mémorielle partagée
Au-delà de la cérémonie officielle, présidée par Yaël Braun-Pivet et Mathieu Klein, cet événement s’inscrit dans un cadre pédagogique élargi. La veille, le samedi 25 avril, l'Hôtel de Ville accueillera une table ronde réunissant des historiens de renom sur la responsabilité de l’État français durant la déportation. Cette programmation souligne l’importance pour les acteurs économiques et politiques régionaux de soutenir la transmission historique, transformant le souvenir en un vecteur de cohésion sociale et de vigilance républicaine.
Loin d'être une simple sculpture, les «Pierres du souvenir» s'érigent désormais comme une sentinelle d’acier, rappelant que l’identité d’une ville se construit aussi sur sa capacité à honorer ses disparus pour mieux éclairer l'avenir.