Pourquoi souhaitez-vous interpeller les candidats à la présidentielle ?
Notre message est assez simple : lorsqu’on dispose de ressources sur notre territoire, il faut commencer par les exploiter, plutôt que de demander à d’autres pays de nous fournir une énergie que nous payons ensuite à des prix très élevés. Je suis particulièrement interloqué de voir que nous sommes devenus, quelque part, dépendants sur le plan énergétique des États-Unis ou du Canada, notamment pour le gaz. Nous devons nous interroger sur cette dépendance énergétique et sur notre capacité à retrouver davantage de souveraineté.
En matière de souveraineté, quel regard portez-vous sur l’énergie nucléaire ?
Je suis profondément favorable au nucléaire ! C’est une énergie décarbonée et qui devrait permettre aux Français de bénéficier d’une électricité à un coût particulièrement intéressant, la France doit continuer à défendre cette filière au niveau européen et faire valoir ses choix. Il faudrait également se demander si, dans le contexte actuel, il ne serait pas pertinent de réexaminer les possibilités d’exploitation de l’uranium français. Nous sommes, là aussi, dépendants d’autres pays et il faut toujours se poser la question de notre dépendance lorsque nous disposons de ressources chez nous.
Nous devons nous interroger sur notre capacité à retrouver davantage de souveraineté
Vous pensez à l’exploitation du gaz de mine par exemple ?
Absolument ! Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais compte environ 110 000 kilomètres de galeries, une grande partie du charbon reste sous nos pieds et le méthane continue de s’en échapper. Ce gaz de mine a d’abord été exploité pour des raisons de sécurité, mais il représente également une ressource énergétique !
La Française de l’énergie exploite aujourd’hui une partie de cette ressource et les conditions d’exploitation ont évolué. Le gaz peut être injecté dans le réseau lorsqu’il présente une teneur suffisante, servir à produire de l’électricité ou encore permettre de récupérer de la chaleur. À Béthune, par exemple, des projets permettent d’utiliser ce gaz pour chauffer des bâtiments collectifs. Le prix de cette énergie peut être inférieur de 40% à celui du gaz acheté dans les conditions qui prévalaient avant la guerre en Ukraine. C’est une démonstration, pour moi, de l’intérêt de valoriser nos ressources locales.