Dossier

Oise : le Département en débat d'orientation budgétaire 2026 dans un contexte économique tendu

Pour la deuxième année consécutive, le Département de l'Oise décale l'adoption de son budget strictement lié à l'instabilité du gouvernement. Présenté en avril, le budget est actuellement en débat d'orientation dans un contexte incertain et de stagnation économique dans lequel le Département doit limiter les dépenses de fonctionnement. 

Nadège Lefebvre, présidente du conseil départemental de l'Oise. © Virginie Kubatko

Nadège Lefebvre, présidente du conseil départemental de l'Oise. © Virginie Kubatko

Le lundi 4 mars, le Département de l'Oise s'est réuni pour le débat d'orientation budgétaire 2026, qui sera présenté en avril, dans un contexte où le cadre politique national instable n'a pas permis à un vote du budget national avant le 31 décembre 2025, et ce pour la deuxième année consécutive. 

Ce débat d'orientation budgétaire s'inscrit également dans une baisse des dotations de l’État pour les collectivités. Alors qu'un système de compensation a été mis en place par le gouvernement, les collectivités territoriales ne sont toujours pas satisfaites, jugeant que l’État ponctionne les collectivités pour redresser les comptes publics. «Dans les lois de finances 2025, l’addition s’élevait déjà à 2,2 milliards d'euros, avant d’être finalement réévaluée par la Cour des Comptes à 5,4 milliards euros, soit deux fois et demi l’estimation de départ, ce qui constitue déjà en soi, une aberration», exprime Nadège Lefebvre, présidente du conseil départemental de l'Oise.

Un contexte économique tendu 

Dans la version initiale du Gouvernement Lecornu, la contribution des collectivités devait
s’établir pour 2026 à 4,8 milliards euros. Elle devrait, après le travail du Parlement, s’élever à 1,7 milliard euros. Si la présidente du Département de l'Oise y voit un mieux, elle pointe tout de même le niveau réel du prélèvement qui sera opéré, l’absence de prise en compte dans ce chiffre des mesures déjà décidées dans les lois de finances 2025 et qui continueront de produire des effets en 2026. Elle pointe également la répartition des efforts demandés «car à l’intérieur des 1,7 milliard euros, l’effort est inégalement réparti et ne tient pas suffisamment compte de la spécificité des Départements», explique-t-elle. 

Sur ce dernier point, la présidente met en lumière l’asphyxie du budget des Départements : «En seulement trois ans, les Départements ont dû absorber 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, tout en perdant 8,5 milliards d'euros de recettes fiscales, soit un écart de 14,5 milliards d'euros, appelé aussi "effet ciseau". Celui-ci freine considérablement la capacité des Départements à intervenir concrètement sur le terrain en portant de vraies politiques d’investissement dans les territoires».

Un budget 2026 sous haute tension

À cela s'ajoute le DILICO 2026 (pour Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales), la suite du DILICO 1 de 2025, qui ne devait qu'être provisoire. Ce dispositif d’épargne forcée doit ainsi cibler un certain nombre de collectivités en ponctionnant les recettes des régions, des intercommunalités et des départements même si les communes ont, elles, finalement obtenu d’en être entièrement exonérées. «Le DILICO nous avait amputé de 3,5 millions d'euros dans le budget 2025 et nous prélèvera à nouveau de 3,5 millions en 2026. Cette mesure, envisagée comme une épargne de précaution qui serait restituée aux collectivités les plus en difficulté, s’avère cette année particulièrement lourde pour les 25 Départements sur 104 qui la payent», note Nadège Lefebvre. 

À cette situation, s’ajoute le fait que les 25 Départements payeurs ne sont pas éligibles au fond de sauvegarde de 600 millions d'euros prévus pour les départements en grande difficulté. «Cette situation nous impacte très négativement dans l’Oise par rapport à d’autres Départements de notre strate qui présenteraient, à première vue, des indicateurs parfois à peine plus dégradés que les nôtres», rappelle Nadège Lefebvre. 

Les objectifs du budget

Dans ce contexte, le département ne prévoit pas d'augmentation dans ses recettes de fonctionnement entre 2025 et 2026, «ce qui ferait une année supplémentaire de stagnation, note la présidente. Dans ce contexte, tout est mis en œuvre, sur le front des dépenses de fonctionnement pour contenir autant que possible leur progression et limiter la hausse à 1% par rapport aux inscriptions du Budget Primitif 2025».

Le champ des solidarités sociales, les dépenses pour l’enfance et la famille ainsi que pour l’insertion devraient rester stables par rapport à 2025, et celles du secteur de l’autonomie devraient être en hausse de 2%. 

Du côté des investissements, le Département devrait investir 150 millions d'euros (dont l’aide aux communes), soit un montant identique à celui de 2025. En 2026, les routes et les ponts feront l’objet d’une attention toute particulière avec une hausse de près de 8 millions d'euros en investissement pour s’établir à 49 millions d'euros. De la même manière, les investissements dans les collèges se poursuivront à un rythme élevé avec une enveloppe totale de 25 millions d'euros. 

La contribution 2026 au budget du SDIS augmente quant à elle de 340 000 euros pour atteindre 34,7 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 2,5 millions  pour la modernisation des casernes et 7 millions d'euros pour la construction de celle de Nogent-sur-Oise. De la même manière, les investissements dans les collèges se poursuivront à un rythme élevé avec une enveloppe totale de 25  millions d'euros. 

«Je veux dire aussi que ces 150 millions d'euros représenteront de la commande publique, donc des
marchés, de l’emploi et des chiffres d’affaires pour nos entreprises. Nous contribuons ainsi à soutenir notre économie et nos entreprises
», exprime la présidente.

Par ailleurs, dans l’Oise, la durée de désendettement sera aux alentours de sept années, «ce qui reste
un très bon niveau dans le contexte préoccupant que nous traversons
», conclut la présidente.