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"On ne comprend rien" : le désarroi des touristes face au Louvre, bloqué par des étudiants

Pour ses 50 ans, Mary est venue en famille des Pays-Bas visiter le Louvre mais doit faire demi-tour: le musée est bloqué lundi matin par une poignée d'étudiants en art mobilisés contre "la casse dans...
Des touristes massés devant des barrières de sécurité près du Louvre, à Paris, bloqué par des étudiants en art, le 19 octobre 2026 © Dimitar DILKOFF

Des touristes massés devant des barrières de sécurité près du Louvre, à Paris, bloqué par des étudiants en art, le 19 octobre 2026 © Dimitar DILKOFF

Pour ses 50 ans, Mary est venue en famille des Pays-Bas visiter le Louvre mais doit faire demi-tour: le musée est bloqué lundi matin par une poignée d'étudiants en art mobilisés contre "la casse dans la culture" et en "soutien" aux lycéens.

Tenus à l'écart par des barrières de sécurité comme des centaines d'autres touristes, Mary a le plus grand mal à déchiffrer les pancartes brandies par les quelques jeunes qui bloquent l'accès du musée à une centaine de mètres de là, au pied de la Pyramide du Louvre. 

Seul l'écho lointain d'une enceinte diffusant "Beat it" de Michael Jackson parvient jusqu'aux touristes qui espéraient entrer dans le musée à 9H00, l'heure normale d'ouverture.

"On ne comprend rien", soupire Mary, qui a déjà dû composer avec les manifestations de samedi et surtout les heurts et pillages qui se sont prolongés dimanche dans la capitale.

"Il faut qu'on en sache plus sur les revendications avant de savoir si on a de la sympathie pour ce mouvement", complète son mari David, qui ne souhaite pas donner son patronyme comme l'ensemble des personnes rencontrées par l'AFP.

Dans la foule, massée dans le froid, des étudiants circulent pour distribuer un tract expliquant, en anglais et en français, le sens de leur combat.

"Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde", clame ce document où il est question de "répression policière", de "soutien au mouvement lycéen" et de services publics délaissés. Sur une des grilles du musée, un carton porte simplement l'inscription "culture en lutte". 

"On bloque l'accès à un lieu de culture pour qu'on continue à avoir accès à la culture à l'avenir", explique à l'AFP Jonas, un étudiant mobilisé aux côtés de ses collègues de l'Ecole du Louvre qui sont à l'initiative de l'action.

"On bloque parce que c'est le seul moyen de se faire entendre", complète Baya, une autre étudiante.

Difficile pour autant d'emporter l'adhésion du public. 

 

Vivement demain!

 

"On trouve ça désolant", déclare Sébastien, venu de Suisse, qui avait planifié la visite "depuis plus d'un mois" avec ses deux enfants. "Il y a une partie de nous qui comprend les revendications mais on se dit qu'il y a d'autres endroits à bloquer qu'un lieu de culture", ajoute-t-il. 

A ses côtés, son épouse Marie fulmine. "C'est complètement contre-productif. Il y a des actions qui ont du sens, sur le pouvoir d'achat mais là c'est presque ridicule", dit-elle, surprise qu'une cinquantaine de personnes puissent bloquer un musée comme le Louvre.

Après avoir elle aussi dû éviter les casseurs au cours du week-end, elle se réjouit de repartir en Suisse mardi. "Vivement demain", lâche-t-elle. 

Monique, une Américaine de 31 ans, a d'autres soucis. Le guide privé qu'elle avait embauché --et déjà payé-- pour sa visite lundi refuse de la rembourser, en soutenant, à tort, que le musée a été brièvement ouvert dans la matinée. 

"Je ne sais pas à qui il faut que je m'adresse", dit la jeune femme, elle aussi surprise que le musée soit inaccessible. "A Washington, il y a des manifestations tous les jours mais les musées ne sont pas bloqués", affirme-t-elle, confessant ne rien savoir des revendications des bloqueurs.

Selon la direction du Louvre, le blocage est sans lien direct avec le musée, qui est simplement utilisé "comme une chambre d'écho", même si la date correspond toutefois jour pour jour au premier anniversaire du spectaculaire vol de joyaux de la Couronne le 19 octobre 2025.

Depuis cette date et le dépôt d'un préavis de grève en décembre 2025, les accès ont été plusieurs fois bloqués par les personnels du musée qui réclament de meilleures conditions de travail. 

A l'heure actuelle, leur préavis n'a toujours pas été formellement levé faute d'accord sur la rémunération des agents avec le ministère de la Culture.