En bref

Pare-feu du Cap Ferret: enquête du parquet, plainte de Bartherotte

Une enquête préliminaire a été ouverte fin août sur les circonstances de l'aménagement d'un pare-feu par l'homme d'affaires Benoît Bartherotte lors du gigantesque incendie de Gironde en juillet, a-t-on appris...
L'homme d'affaire français Benoît Bartherotte devant le pare-feu en cours d'exécution à Lège-Cap-Ferret, en Gironde, le 29 juillet 2026 © Philippe Lopez

L'homme d'affaire français Benoît Bartherotte devant le pare-feu en cours d'exécution à Lège-Cap-Ferret, en Gironde, le 29 juillet 2026 © Philippe Lopez

Une enquête préliminaire a été ouverte fin août sur les circonstances de l'aménagement d'un pare-feu par l'homme d'affaires Benoît Bartherotte lors du gigantesque incendie de Gironde en juillet, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Bordeaux.

Cette procédure fait suite à la transmission d'un procès-verbal de l'Office national des forêts (ONF) "portant, pour l'essentiel, sur des faits de défrichement sans autorisation de bois ou forêt d'une collectivité publique", selon la même source.

Une plainte déposée parallèlement par l'association anti-corruption AC !!, dénonçant un chantier lancé sans autorisation, a été jointe au dossier.

Benoît Bartherotte, président de l'Association de défense de la pointe du Cap Ferret, presqu'île huppée où il est propriétaire de quatre hectares, va de son côté déposer plainte contre X et l'ONF pour "mise en danger de la vie d'autrui", selon son avocat.

Le 23 juillet, au lendemain du déclenchement du feu qui a ravagé 42.000 hectares, l'homme d'affaires avait pris publiquement l'initiative d'abattre des pins sur une bande de plusieurs centaines de mètres de large pour ériger le pare-feu.

Son chantier, dont une partie a été menée sur des terrains de la commune de Lège-Cap-Ferret et de l'ONF, avait été suspendu le 26 juillet à la demande de la mairie, avant de reprendre deux jours plus tard après des discussions avec les autorités.

L'association anti-corruption AC !! estime que l'homme d'affaires s'est "exempté" du respect des règles et a ensuite "tordu le bras" des autorités pour faire régulariser son ouvrage.

État de nécessité

Benoît Bartherotte répond qu'un ancien pare-feu du Cap Ferret "n'avait pas été entretenu" et que l'absence de "cordon sanitaire d'isolation entre l'agglomération et la forêt a provoqué un risque majeur".

L'homme d'affaires argue ainsi d'un "état de nécessité" face aux flammes qui s'approchaient alors du bourg de Lège-Cap-Ferret et de la presqu'île, d'où les autorités ont fait évacuer des dizaines de milliers de personnes.

"Une fois que les choses se sont calmées, les demandes ont été faites", indique jeudi l'avocat de Benoît Bartherotte, Me Pierre-Olivier Sur, qui met en avant deux documents adressés à la justice et consultés par l'AFP.

Dans un mail du 28 juillet, le sous-préfet d'Arcachon écrit que les travaux d'urgence "doivent être sollicités par le commandant des opérations de secours" mais anticipe une décision "positive" pour le soir-même.

Le lendemain, une réunion in situ avec la mairie de Lège-Cap-Ferret et les pompiers acte que "plus rien ne s'oppose à la décision de la préfète (de Gironde, NDLR) de réaliser ce pare-feu et de l'intégrer dans le dispositif de défense", selon un compte-rendu adressé aux protagonistes.

Pour Me Sur, ces éléments "devraient faire taire la vindicte et même les menaces reçues ces dernières semaines par M. Bartherotte et sa famille, et faire classer sans suite cette affaire".

"Ils nous ont fait perdre deux jours avec leurs conneries de petits fonctionnaires", avait déclaré l'homme d'affaires à l'AFP le 29 juillet, indiquant alors que d'autres personnes avaient activé leurs réseaux, "jusqu'à Brigitte Macron", pour faire régulariser le pare-feu. 

"Je ne peux en aucune manière être tenu pour responsable de ces interventions, dont je ne suis aucunement l'initiateur", a-t-il précisé vendredi.