Interview

Patrimoine : Xavier Bailly quitte ses fonctions et croit en l'avenir

L’administrateur du château de Pierrefonds, du domaine national du château de Coucy, de la cathédrale St Gervais-St Protais de Soissons et du pavillon Eugénie de Compiègne vient de quitter la fonction publique. Sa passion, sa discrétion et son approche pédagogique marqueront durablement la ville d’Amiens, le mont Saint-Michel, la cité internationale de la langue française… 

Xavier Bailly. © M.G

Xavier Bailly. © M.G

Que retiendrez vous de votre longue carrière ?

L’attachement du grand public au patrimoine ! Les journées européennes du patrimoine, le loto du patrimoine… cela attire toujours les gens. Il est important de continuer toutes les actions. Rien n’est jamais gagné. C’est un combat passionnant de le restaurer, de l’entretenir et surtout de le faire vivre. 

Quels chantiers ont été, pour vous, les plus emblématiques ?

Lorsque j’étais directeur du patrimoine et chef du service patrimoine et tourisme d'Amiens Métropole (NDLR : il y est resté de 1997 à 2014), il a fallu presque quinze ans pour sauver le moulin Passe-avant des ruines dans le quartier Saint-Leu, grâce notamment à la fondation du patrimoine. Lorsque j’ai été nommé administrateur du mont Saint-Michel, j’ai participé à la transition entre avant caractère maritime et après caractère maritime qui a rendu au mont son caractère insulaire. On n’y accède plus par une route mais par un pont passerelle. 

Et puis, arrive la renaissance du château de Villers-Cotterêts…

En septembre 2019, j’ai été nommé administrateur du château de Villers-Cotterêts, en mauvais état, et de Pierrefonds, avec, pour ambition présidentielle, de créer à Villers-Cotterêts la cité internationale de la langue française. C’était un défi. Il a fallu se retrousser les manches et y croire. Il n’y avait pas d’équipe, pas de bureau ! Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de l’équipe de Pierrefonds. L’inauguration a été une grande satisfaction. C’était une autre aventure qui commençait : faire vivre la cité. Je ne peux pas entrer dans la cour des offices sans mesurer le travail accompli. Jusqu’à 400 compagnons ont oeuvré en même temps sur le chantier. Il y avait une clause d’insertion sociale. Des personnes ont retrouvé un emploi et une dignité sociale grâce à ce projet. Mon dernier grand et beau chantier concerne l’aile des Preuses du château de Pierrefonds. L’inauguration est prévue en mars prochain. Je ne suis pas certain d’être présent. Les pages se tournent…

Quelle est votre vie aujourd'hui ?

En effet, j’ai été élu maire de la commune d’Halinghen, dans Pas-de-Calais, département dont je suis natif. J’y ai plein de sujets dont une église et une salle des fêtes à sauver. Je suis délégué régional Hauts-de-France pour Les vieilles maisons françaises. Ce week-end, je vais remettre un trophée à des privés qui ont restauré une propriété à Roubaix. Je garde une activité de conseil en libéral pour apporter mon expertise sur tous les aspects du patrimoine comme notamment restaurer ou gérer au quotidien un monument historique. C’est toujours compliqué pour les propriétaires de savoir de quelles aides et modes de financements bénéficier, faire la différence entre un architecte des bâtiments de France et un architecte en chef des monuments historiques. Une chose est certaine : j’ai confiance en l’avenir pour le patrimoine…