Le paysage de la falaise seinomarine est en pleine évolution. À Penly, le chantier des deux EPR2 progresse, avec une mise en service du premier réacteur prévue pour la fin 2038. Lors de sa visite du site, ce jeudi 12 mars, le président de la République, Emmanuel Macron, a réaffirmé sa volonté de faire du nucléaire un pilier de la souveraineté française.
«Cela fait partie de notre ADN : nous sommes un pays d’ingénieurs capable de mener des projets de long terme pour préserver notre indépendance», a-t-il déclaré, rappelant le chemin parcouru depuis les doutes de la dernière décennie. Selon lui, les chiffres parlent d’eux-mêmes : «L’an dernier, la France a exporté 90 TWh d’électricité, un niveau sans équivalent en Europe. Aujourd’hui, 70 % de notre électricité est produite grâce au nucléaire, une énergie décarbonée, pilotable et compétitive».
Un chantier de grande envergure
À Penly, la phase de construction de l’EPR2 est immense. Frédéric Hennion, directeur du projet, explique : «Pour installer des réacteurs de grande puissance, nous devons créer de l’espace. a falaise est reprofilée. Trois millions de mètres cubes de craie seront retirés d’ici la fin de l’année». Ces matériaux serviront à créer une extension maritime de 20 hectares, protégée par une digue composée de 15 000 blocs de béton.
Cette plateforme accueillera une base logistique et des ateliers de préfabrication. Actuellement, quelque 200 engins lourds travaillent pour achever cette phase avant la fin de l’année. Sur le plan environnemental, la direction du projet souligne les mesures prises pour préserver la biodiversité : «Nous avons déplacé des espèces hors du site et mis en place 70 hectares de compensation autour de Penly pour nos différents impacts», précise Frédéric Hennion.
Plus de 1 000 personnes à la tâche
«La centrale compte deux réacteurs de 1 300 MW, construits en 1982 et 1984», rappelle Bernard Fontana, président directeur général d’EDF. L’an dernier, ces deux unités ont produit près de 17 TWh, soit environ 5 % de la production nucléaire française. Le site s’étend sur 160 hectares, dont une partie est désormais dédiée à l’accueil des deux premiers EPR2 d’une série de six prévue.
Le chantier mobilise largement le bassin d’emploi normand : «Deux tiers des salariés mobilisés sont issus du territoire», souligne Bernard Fontana. Aujourd’hui, 1 100 personnes travaillent au bon développement du projet, un chiffre qui devrait atteindre 10 000 au pic de l’activité, vers 2032. La priorité reste la sécurité : «Nous avons tiré toutes les leçons des retours d’expérience de Flamanville 3, d’Olkiluoto, de Hinkley Point et de Taishan», assure-t-il.
Penly, entre réglementation et réacteurs du futur
Si les terrassements doivent s’achever d’ici la fin de l’année, le véritable lancement de la construction des centrales nucléaires dépend d’une étape réglementaire clé. « Nous pourrons démarrer l’an prochain, une fois obtenue l’autorisation de création délivrée par l’Autorité de sûreté nucléaire », rappelle Frédéric Hennion. Le président de la République a également évoqué les innovations à venir : « Nous continuerons d’innover avec des réacteurs plus petits, comme les SMR, et d’exporter notre savoir-faire ».
Pour Aletheia Press, Eléonore Chombart