«C'est notre histoire, notre économie, notre culture et nos paysages…» Claire Guéroult, présidente de Seine-Maritime Attractivité (SMA), a résumé en une phrase la place du lin dans le département, premier producteur de France. Le 7 avril à Ambrumesnil, et alors que les semis viennent de débuter dans le département, elle est venue lancer, très officiellement, le premier «Printemps du Lin». Cet évènement, porté par SMA, a pour vocation de chapoter l'ensemble des animations printanières autour de la plante à la petite fleur bleue, qui émaillent le territoire.
«Nous avons voulu rassembler, donner de la cohérence et créer un rendez-vous facilement identifiable», poursuit l'élue départementale. Au fil (de lin) de l'évènement, les habitués retrouveront donc quelques rendez-vous déjà bien connus. Citons le Lin en fête à Doudeville, le Festival du lin dans la vallée du Dun, ou encore les Soirées bleues, repas magiques pris au cœur d'un champ de lin en fleurs, qui se dérouleront à Harcanville.
De la graine au tissu, et même dans l'assiette
SMA a pu compter sur les territoires concernés : les offices de tourisme Terroir de Caux, Côte d’Albâtre, Plateau de Caux, Yvetot Normandie Tourisme et Dieppe Normandie, et bien sûr sur le Département. «Tout le monde a joué le jeu», se réjouit Claire Guéroult, qui compte une soixantaine d'évènements répartis jusqu'au 16 juillet. L'occasion de découvrir en tout cas le lin dans tous ses états, de la fibre au tissu, de la graine aux produits alimentaires. «Car tout est bien dans le lin», a rappelé Bertrand Bellanger, président du Département de la Seine-Maritime, parodiant le célèbre slogan «tout est bon dans le cochon».
Gérants de l'entreprise Embrin, où se déroulait cette soirée de lancement, Camille et Alexis Ménager comptent bien participer pleinement à ce nouveau format d'évènement. Leur activité, qui fait vivre aujourd'hui 9 personnes, repose notamment sur l'accueil du public au sein de leur boutique située à deux pas de la véloroute du lin. «Nous sommes très fiers de participer au rayonnement de notre filière», a insisté Alexis Ménager.
44 000 ha de lin en Seine-Maritime
«La transmission est quelque chose d'essentiel, surtout à l'heure où de grandes enseignes étrangères déferlent en France, avec une politique du toujours plus et toujours moins cher», a renchérit Camille Ménager. Pourtant, «le local est bénéfique pour tous», a-t-elle rappelé. «Une housse de couette en lin produite localement, c'est 40 % de dioxyde de carbone émis en moins qu'une housse produite en Asie. Et c'est 60 % de dioxyde de carbone en moins comparée à une housse de couette en une autre matière.»
Le lin a donc bien plus qu'une valeur touristique, et le Printemps du Lin espère bien le mettre en lumière. La Seine-Maritime est le premier département producteur de lin en France. En 2025, elle a accueilli 28 % des emblavements nationaux, soit 43 700 ha. Et en 2024, elle a produit 310 270 tonnes de lin textile, soit 29 % de la production nationale.
Pour Aletheia Press, Benoit Delabre