Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a annoncé lundi des mesures de soutien à la trésorerie des secteurs des transports, de la pêche et de l'agriculture, mais sans aide directe à la pompe, et a demandé aux raffineurs s'ils pouvaient augmenter rapidement leur production. Il a ainsi demandé aux raffineurs d'évaluer, dans les meilleurs délais, la capacité de leurs sites en France "à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés".
Les marges de manœuvre des pétroliers établis en France semblent toutefois très limitées. "Avec l'outil technique que l'on a actuellement, (...) on peut aller au maximum jusqu'a 10% d'augmentation de la capacité", a indiqué North Atlantic à l'AFP. Le pays importe notamment 50% du gazole qu'il consomme.
Mesurettes
Les ministères de la Mer et de la Pêche, celui des Transports ainsi que celui de l'Agriculture ont détaillé des mesures similaires : report de cotisations sociales et "étalement des échéances fiscales" pour les entreprises qui le demandent, ainsi que des prêts par Bpifrance, la banque publique d'investissement.
Côté pêcheurs, l'Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l'Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont immédiatement dénoncé "des mesurettes". "Malgré des engagements répétés, aucune mesure concrète n'est mise sur la table. Dans ces conditions, partir en mer revient à travailler à perte : nos navires vont s'arrêter", s'est alarmé de son côté le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).
La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) demandait par ailleurs à l'État qu'il publie un indice de référence du gazole tous les quinze jours au lieu de tous les mois, afin de refléter plus vite l'évolution des prix des carburants dans les factures. Un changement qui sera adopté "temporairement", a annoncé lundi le gouvernement, invitant par ailleurs les chargeurs à réduire leurs délais de paiement pour soutenir davantage les transporteurs.