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Quentin Deranque: Bardella recommande de ne pas se rendre aux rassemblements d'hommage

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé de ne pas se rendre aux rassemblements d'hommage au militant nationaliste Quentin Deranque prévus samedi ni "d'y associer" le parti, en raison du profil des organisateurs et du risque d'"affrontement", dans une...
 © Joseph GROSJEAN

© Joseph GROSJEAN

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé de ne pas se rendre aux rassemblements d'hommage au militant nationaliste Quentin Deranque prévus samedi ni "d'y associer" le parti, en raison du profil des organisateurs et du risque d'"affrontement", dans une lettre à ses cadres consultée par l'AFP vendredi.

"Les organisateurs de ces rassemblements sont multiples, incertains, quand ils ne sont pas inexistants en relevant de la mobilisation spontanée sur les réseaux sociaux", écrit-il dans ce message, ajoutant que les proches de Quentin Deranque ne sont a priori "à l'initiative d'aucun d'entre eux".

"La volonté de confrontation de l'extrême gauche avec ces rassemblements semble intacte", ajoute-t-il.

L'agression mortelle de Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, a provoqué une tempête politique, un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault étant mis en cause et placé en détention provisoire. L'organisation de rassemblements samedi provoque des inquiétudes dans ce climat sous haute tension.

"Certains organisateurs, indéniablement liés à l'ultradroite et que nous refusons de côtoyer par cohérence avec notre ligne réaffirmée cette semaine, recherchent également l'affrontement", continue Jordan Bardella.

"Nous vous demandons, sauf situation locale très particulière et strictement encadrée (hommage rendu par une municipalité, par exemple), de ne pas vous rendre à ces rassemblements ni d'y associer le Rassemblement national", dit-il.

Jordan Bardella, interrogé à ce sujet en marge d'un déplacement dans l'Eure, a confirmé ce choix, en expliquant que la famille de Quentin Deranque ne "souhaite pas de politisation de l'événement".

Si "liberté est donnée aux Français" souhaitant prendre part aux rassemblements, il a appelé ses troupes à "la plus grande prudence".

Jordan Bardella n'a toutefois pas appelé à interdire ces manifestations, jugeant qu'il s'agit "de la responsabilité de la préfecture et du ministre de l'Intérieur".

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a lui réclamé l'interdiction d'une marche samedi dans sa ville, en évoquant "des risques avérés de troubles à l'ordre public".

Le coordinateur national de la France insoumise (LFI) Manuel Bompard a également demandé que ce rassemblement ne soit pas autorisé.

Cette marche est "prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues", a-t-il écrit sur X. "Plus de 1.000 néonazis de toute l'Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère. Cela représente une véritable menace pour les habitants", a-t-il ajouté.

Mais le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a affirmé vendredi sur RTL qu'il n'irait pas dans le même sens, faisant valoir qu'il se doit de protéger l'ordre public mais aussi "la liberté d'expression".

La marche sera encadrée par un "dispositif policier extrêmement important", a-t-il dit.