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En bref

Réacteurs innovants : Jimmy entre en phase de construction

La start-up Jimmy engage son passage à l’échelle industrielle avec le lancement, prévu en juin 2026 au Creusot, de la construction de ses premiers bâtiments dédiés aux micro-réacteurs nucléaires. Un calendrier ajusté qui s’accompagne d’un renforcement des financements et d’une structuration progressive de la filière.

© Jimmy Energy.

© Jimmy Energy.

Jimmy prévoit de démarrer fin juin 2026 la construction de son premier bâtiment au Creusot. Ce projet marque une étape clé dans son développement industriel. Ce premier atelier sera dédié à la préparation et aux tests des équipements. Le calendrier a été décalé d’un an afin d’adapter le design du réacteur. L’entreprise a choisi d’augmenter sa puissance tout en optimisant les coûts pour répondre aux attentes des industriels. Elle cible en priorité les besoins en chaleur inférieure à 450 degrés, fréquents dans l’agroalimentaire, la chimie ou encore le papier.

Dans la continuité, un second bâtiment devrait voir le jour d’ici 2028 pour assembler les composants des réacteurs. L’autorisation de création du premier réacteur est attendue à la même échéance. La production de combustible pourrait débuter autour de 2030. Le premier site équipé est envisagé à Bazancourt, dans la Marne, pour une mise en service début 2031. En parallèle, l’entreprise amorce sa montée en puissance avec des recrutements dès 2026, visant plusieurs centaines d’emplois à horizon 2030.

Financement et ancrage industriel

Pour soutenir cette montée en charge, Jimmy a sécurisé 80 millions d’euros de financements supplémentaires. Une première partie provient d’investisseurs historiques et d’acteurs institutionnels. Une seconde repose sur un soutien public dans le cadre du programme France 2030, dont la start-up est lauréate. Cette dynamique financière vise à accélérer l’industrialisation de sa technologie.

L’entreprise s’appuie majoritairement sur une chaîne d’approvisionnement nationale. Entre 85% et 90% des fournisseurs sont français. Un partenariat stratégique a notamment été conclu pour la fabrication de la cuve du réacteur. Certains matériaux restent importés, comme le graphite utilisé dans le cœur du dispositif. L’objectif affiché est de structurer une filière industrielle capable de produire à grande échelle.

Transition énergétique industrielle

Pour rappel, le projet de Jimmy s’inscrit dans le contexte plus large de la transition énergétique des industries. La décarbonation des procédés thermiques constitue un enjeu majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les micro-réacteurs nucléaires apparaissent comme une solution complémentaire aux énergies renouvelables, en fournissant une chaleur stable et bas carbone. Leur déploiement pourrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement énergétique tout en limitant la dépendance aux énergies fossiles.