Collants, sous-vêtements et autres textiles riches en polyamide restent difficiles à valoriser lorsqu’ils ne peuvent être réemployés. À Joigny, REC veut transformer ces déchets en granulés de polyamide recyclé destinés à de nouvelles applications industrielles. Pour accélérer son développement, l’entreprise s’associe à Vitamine T, l'un des premiers groupes d’entreprises inclusives en France. Leur modèle, baptisé IMPLANT, organise une chaîne allant de la collecte à la préparation des matières, puis à leur recyclage en boucle fermée.
«Nous ne cherchons pas à construire la plus grande usine. Nous cherchons à construire la bonne usine»
Vitamine T prendra en charge le tri, l’identification des flux riches en polyamide, leur préparation et leur conditionnement selon le cahier des charges de REC. La deeptech assurera le recyclage et prévoit de commercialiser les granulés auprès de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou le textile.
«Nous ne cherchons pas à construire la plus grande usine. Nous cherchons à construire la bonne usine», explique Laurent Trognon, président et fondateur de REC. Le dirigeant revendique également une capacité encore rare sur le marché : «On s’aperçoit qu’on est vraiment les seuls à pouvoir opérer ce recyclage d’une manière très sobre et très rapidement». L’enjeu est désormais de structurer une filière industrielle autour de cette technologie. «C’est tout l’intérêt et toute la possibilité de créer une vraie filière, qui n’existe pas aujourd’hui», poursuit-il.
Une montée en charge progressive, avec un objectif d’emploi
Le déploiement doit se faire en trois étapes : une première phase de trois mois consacrée au traitement de 100 tonnes de textiles et à la définition du cahier des charges commun ; une deuxième, sur six mois, visant un rythme de 500 tonnes par an ; puis une montée en puissance vers 2 000 à 5 000 tonnes annuelles à l’échelle nationale. Cette progression doit accompagner l’industrialisation de REC, qui recherche les financements nécessaires à son outil industriel.
Laurent Trognon évalue l’investissement global à environ cinq millions d’euros et indique viser une mise en service en mars 2028. Le partenariat vise aussi un objectif social. À maturité, les deux entreprises prévoient la création de 30 à 40 postes chez REC et de 10 à 15 chez Vitamine T, principalement destinés à des personnes engagées dans un parcours de retour à l’emploi. «Ce partenariat avec REC nous permet d’élargir notre palette métier et de démontrer que l’insertion par l’activité économique peut s’inscrire pleinement dans les chaînes de valeur industrielle de demain», souligne Olivier Laurant, directeur régional de Vitamine T.
Le groupe, qui compte 7 000 salariés et accompagne plus de 12 000 personnes par an vers l’emploi, entend ainsi renforcer sa présence dans l’industrie circulaire. Créée en 2019 sous le nom d’Écollant, REC veut, de son côté, élargir les matières traitées au-delà des collants usagés et contribuer à structurer une filière française de recyclage du polyamide textile.