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Rémunérations agricoles : une situation fragile en Bourgogne-Franche-Comté

Une part importante des exploitants agricoles de Bourgogne-Franche-Comté vit avec des revenus inférieurs au salaire minimum. Le premier Observatoire de la Rémunération Agricole Équitable alerte sur cette fragilité et appelle à des mesures publiques ciblées dès 2026.

© DR.

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Près de 39% des agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté perçoivent un revenu inférieur au SMIC, soit environ 11 600 exploitants. Ce constat, issu de la première édition 2026 de l’Observatoire de la Rémunération Agricole Équitable publiée le 28 avril, met en évidence une fragilité économique persistante. Les céréaliers et les éleveurs bovins viande figurent parmi les profils les plus exposés. Leur poids dans les filières régionales contribue à l’ampleur du phénomène. Si la région est moins touchée que d’autres territoires, certaines zones françaises dépassent les 50% d’agriculteurs sous le seuil minimum. Les difficultés concernent à la fois les productions végétales et animales, traduisant des tensions structurelles sur les coûts et les prix.

À l’échelle départementale, la Saône-et-Loire illustre ces enjeux. Ce territoire agricole majeur concentre une proportion significative des exploitations de la région. L’élevage bovin, notamment allaitant, y occupe une place dominante, même si les grandes cultures progressent. Cette spécialisation rend le département particulièrement sensible aux fluctuations des marchés agricoles et aux niveaux de rémunération, notamment dans les filières viande.

Des réponses attendues pour 2026

Face à cette situation, le rapport estime à 305 millions d’euros par an les moyens nécessaires pour garantir un revenu équivalent au SMIC aux exploitants concernés en Bourgogne-Franche-Comté. Ce besoin inclut des aides directes, des dispositifs de soutien pour les situations les plus précaires et des mesures dédiées aux jeunes agriculteurs. Les organisations professionnelles appellent à des réponses concrètes. Elles évoquent une réorientation des aides régionales, un recours accru aux dispositifs sociaux et la mise en place de compléments de revenu ciblés.

Parmi les leviers envisagés figurent des aides modulées selon la vulnérabilité des exploitations, des mécanismes d’assurance revenus et un accompagnement renforcé pour réduire les charges. Le rapport souligne également l’importance d’améliorer la valeur payée aux producteurs, en particulier dans les filières soumises à une forte pression sur les prix. Enfin, une coordination accrue entre les acteurs publics, les filières et les organismes sociaux est jugée nécessaire.