Rencontre fructueuse autour des métiers du verre à Gamaches
Durant une matinée, plus de 170 candidats ont franchi la porte de la salle des fêtes du marais de Gamaches, dans le Vimeu au sud-ouest de la Somme, où dix entreprises de la Glass Vallée proposaient 126 offres d’emplois.
Organisée par les agences France Travail de Friville-Escarbotin et du Tréport, la Glass Vallée (65 adhérents et environ 7 500 salariés) et la chambre de commerce et d’industrie de Rouen Métropole, la rencontre autour des métiers du Verre organisée à la salle des fêtes du marais de Gamaches (mais gérée par la commune voisine de Longroy) s’est soldée par une fréquentation inattendue. Plus de 170 personnes, en majorité des demandeurs d’emplois, se sont pressées à venir à la rencontre de dix industriels de la Glass vallée : verriers, tri, décors… Ils proposaient 126 offres à pourvoir en CDI, CDD, intérim… essentiellement en tri de verre, conduite de lignes et parachèvement.
Des salariées licenciées prioritaires
Le début de matinée avait été consacré à recevoir des anciens salariés de l’entreprise de tri Jenniver de Longroy qui a fermé en octobre, laissant 85 personnes sans travail : «Dès 8h30, une cinquantaine était là à attendre, a commenté Stéphane Franconville, président de la Glass Vallée. Je suis certain que chacun d’entre eux s’est vu proposer un poste».
Alors que l’activité s’est ralentie en 2025 dans ce secteur crucial dans la vallée de la Bresle, il se veut optimiste. Pour lui, les fermetures qui se sont succédées en fin d’année chez des sous-traitants ainsi que les difficultés rencontrées par d’autres ne révèlent qu’une problématique : «Ceux qui ne s’adaptent pas se retrouvent hors jeu, résume-t-il. C’est la loi du marché. Elle est valable pour tous les secteurs. Cela témoigne aussi de la vitalité globale de la filière. Il est important d’organiser des matinées comme celle là car nous sommes confrontés au renouvellement des générations, aux formations des personnes qui souhaitent intégrer ces métiers qui peuvent être durs car des entreprises tournent en 3X8, en 4X8… Certaines entreprises de tri ont adapté leurs horaires mais les verreries ne peuvent pas car les flux sont continus».

En milieu de matinée, Gaelle Henny, gérante de Trilux, avait déjà prévu de faire faire des essais à quatre personnes. Son entreprise de tri de verre est sous-traitante dans le flaconnage de luxe à Senarpont : «C’est l‘occasion de rencontrer des candidats qui ont de l’expérience et de sortir de sa bulle, a t-elle confié. L’entreprise compte 23 salariés. Je recherche deux ou trois personnes pour remplacer des arrêts maladie et des départs à la retraite. Nous travaillons avec plusieurs clients. Cela permet de lisser l’activité».
Toujours important de participer à des forums
Pochet du Courval compte deux sites locaux : une verrerie à Guimerville, qui occupe près de 1 500 salariés, et un site de parachèvement à Gamaches de 200 salariés. Son carnet de commandes est plein déjà jusque juin : «Conducteurs de lignes, tri, décor, fonctions support… nous recrutons une vingtaine de postes en CDI. L’an dernier, 165 personnes sont venues nous rejoindre. Nous avons créé un parcours d’intégration pour les nouveaux embauchés. C’est difficile de recruter. Nous devons nous vendre, élargir notre périmètre. C’est toujours important de participer à des forums comme celui-là», a expliqué Léa Pinel, responsable communication PCO chez Pochet du Courval.
Lola Della Siega, alternante en marketing et communication chez le verrier Zignago Vetro France à Vieux-Rouen-sur-Bresle (300 salariés avec les intérimaires), et Hugo Faillu, alternant RH dans la même entreprise, étaient satisfaits d’avoir reçu une trentaine de personnes aux profils variés de allant de conducteurs jusqu’à des postes dans au bureau d’études : «Nous recherchons une dizaine de trieurs et de conducteurs de lignes. Ils commenceront par des contrats d’intérim», ont-ils précisé.

À la fin du forum, Lyne Dehornnoy, directrice de l’agence France Travail de Friville-Escarbotin, était très satisfaite de voir autant de candidats : «Des entreprises ont cessé leurs activités. Cela a créé des opportunités pour d’autres. Le succès de cette rencontre témoigne de la vitalité globale de la filière verre», a-t-elle conclu.