Le préfet de Seine-Saint-Denis a interdit jeudi un rassemblement non déclaré prévu samedi à Saint-Denis par le collectif d'extrême droite "Le Parti de la France", estimant notamment qu'il risquerait d'entraîner des troubles à l'ordre public après des appels à une contre-manifestation.
"Ce rassemblement, qui n'a pas été déclaré (...) fait apparaître des revendications susceptibles de favoriser la provocation, la discrimination ou la haine à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine", indique la préfecture dans un communiqué.
Selon elle, "des appels à contre-manifestation sous le mot d'ordre +pas de nazis à Saint-Denis+, ont été relayés sur les réseaux sociaux".
"La tenue de ces rassemblements est de nature à susciter des troubles à l'ordre public et d'occasionner des affrontements entre militants aux revendications antagonistes", précise la préfecture, qui a en conséquence pris des arrêtés d'interdiction.
Le Parti de la France a appelé sur son site internet à un rassemblement samedi à 14H00 sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis, "pour rappeler que Saint-Denis reste une ville française, qu'elle ne doit pas devenir le laboratoire de l'islamo-gauchisme et de l'anti-France".
Il a également annoncé des prises de parole par plusieurs personnalités de la droite nationale, "pour rappeler que nous ne céderons pas un pouce du territoire national, malgré la colonisation migratoire".
Ce collectif a été fondé en 2009 par l'ancien secrétaire général du FN Carl Lang, qui a passé la main à Thomas Joly en 2019. Il revendique son opposition totale à l'immigration illégale comme légale.
Samedi dernier, un grand rassemblement contre le racisme à Saint-Denis avait réuni des milliers de personnes, à l'initiative du nouveau maire Insoumis de la ville, Bally Bagayoko.
Aux cris de "résistance", la foule avait dénoncé les attaques racistes dans certains médias et sur les réseaux sociaux dont sont victimes de nombreux maires issus de l'immigration depuis leur élection, notamment Bally Bagayoko, maire de la deuxième plus grande ville d'Ile-de-France.
La semaine dernière, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", au lendemain du dépôt de plainte de l'élu contre CNews, après que des liens aient été faits en plateau entre M. Bagayoko et "la famille des grands singes" et une attitude de "mâle dominant".