Ce dispositif, qui inverse la logique administrative habituelle, propose un interlocuteur unique pour coordonner l'ensemble des besoins (financier, social et logistique) des victimes souhaitant quitter définitivement un conjoint violent.
Dès le mois d’avril, les premières bénéficiaires seront orientées vers ce guichet unique départemental. En Seine-Maritime, l'initiative repose sur un changement de paradigme : ce ne sont plus les victimes, déjà vulnérables, qui multiplient les démarches auprès de la CPAM ou de l’Éducation nationale, mais les partenaires institutionnels qui convergent vers elles. Cette synergie entre l'État, le département, la MSA et la CAF vise à sécuriser le départ et à garantir une prise en charge sans rupture d'information.
Un bouclier social et financier
La force de ce pack réside dans sa réactivité. La CAF, en tant que tour de contrôle, centralise les signalements et nomme immédiatement un accompagnateur social dédié. Ce dernier active des leviers concrets comme l’aide d'urgence (AVVC), qui a déjà permis de mobiliser plus d'un million d'euros dans le département entre 2023 et 2025, avec une moyenne de 908 € par bénéficiaire. Pour les 81 % de victimes ayant des enfants à charge, ce soutien financier est le premier maillon indispensable pour financer une mise à l’abri rapide et structurée.
Une efficacité prouvée par l'expérimentation
Inspiré par le succès du Val-d'Oise, où 192 femmes ont pu reconstruire leur vie en deux ans, le dispositif mise sur la proximité. En Seine-Maritime, où 51 % des victimes perçoivent des minima sociaux comme le RSA ou l’AAH, l’enjeu économique est crucial. En mobilisant ses fonds d'action sociale et des travailleurs sociaux spécialisés, la CAF renforce l’équité territoriale. Ce maillage serré entre les acteurs de terrain et les grands donneurs d’ordres sociaux transforme la réponse publique en une véritable infrastructure de protection.