Une seconde chaudière biomasse sur l’usine de Frouard pour le groupe italien Sofidel ! Depuis le début du mois de mars une partie de la vapeur produite, indispensable au process de fabrication de ce spécialiste du papier à usage hygiénique et domestique, (120 000 tonnes par an sur le site de Frouard et 150 000 tonnes au total avec ses deux autres sites hexagonaux d’Ingrandes dans la Vienne et de Roanne dans la Loire), sort de cette installation affichant 8 MW de puissance et alimentée en résidus-bois en provenance majoritairement de la région Grand Est.
La nouvelle infrastructure vient s’additionner à une première chaudière du même type installée en 2014 sur le site. De nouvelle génération, elle se veut encore plus performante que son aînée avec notamment la présence d’un traitement par injection.
«Notre objectif est de décarboner 95% de la vapeur produite nécessaire à la fabrication de nos papiers», explique Sylvain Bickel, le directeur du site et responsable opérationnel de Sofidel France. 12 millions d’euros d’investissement, dont 35% opéré par l’État via l’Agence de l’environnement et de l’énergie (Ademe) dans le cadre du programme BCIAT (Biomasse, chaleur, industrie, agriculture et tertiaire), ont été nécessaires pour la création de ce nouvel outil.
Un investissement stratégique dans la transition énergétique mise en oeuvre depuis longtemps par le groupe italien sur ses différents sites. Fondé en 1966, celui-ci est actif aujourd’hui dans treize pays, dont douze en Europe et aux États-Unis dans onze États, avec plus de 9 500 employés et une capacité de production de 1 983 000 tonnes par an depuis le rachat, l’an passé, de Royal Paper.
Le Net zéro en ligne de mire
En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires net de 3 225 millions d’euros. Regina, sa marque la plus connue, est présente sur presque tous les marchés de référence. Les autres marques sont : Sopalin®, Le Trèfle, Hakle, Softis, Nalys, Cosynel, KittenSoft, Nicky et Papernet. «La plupart sortent de nos lignes de production qui tournent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7».
Nouvelle technologie sur les presses
Cinquième producteur mondial et deuxième producteur européen de papier hygiénique, il a notamment intégré dès 2009 le programme international WWF Climat Savers visant à reconnaître le leadership des entreprises en matière de solutions pour le climat.
Sur le site de Frouard, la première usine du groupe italien installée à l’étranger en 1998, l’industriel a baissé ses émissions de gaz de CO2 de 24%. Objectif affiché à l’horizon 2050 : atteindre le fameux Net zéro. A la différence de la neutralité carbone, celui-ci vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et éliminer les émissions résiduelles jusqu’à un point le plus proche de zéro.
«Nous respectons les engagements pris à l’occasion des accords de Paris en 2015 lors de la Cop21 sur le climat mais nous avons décidé d’aller plus loin en tentant d’atteindre ce fameux Net zéro, c’est un challenge pour nous».
La marge est encore importante mais les étapes franchies se veulent encourageantes pour atteindre l’objectif. Dans ce long chemin vers la décarbonation, la nouvelle chaudière, mise en service début mars, après un peu plus d’un an de travaux (réalisés par le groupe Eiffage), va permettre à Sofidel de réduire sa consommation de gaz de 44 000 MW et de diminuer ses émissions de CO2 de 9 100 tonnes par an.
«Elle marque un tournant dans l’indépendance énergétique de notre site». Deux nouveaux investissements sont également annoncés. Ils concernent l’installation d’une nouvelle technologie de presse pour le séchage du papier sur deux machines.
Le premier projet vient d’être retenu par l’Ademe dans le cadre du programme Decard Ind. Investissement annoncé pour ces deux presses : 17,5 millions d’euros. La décarbonation continue…
À Roanne aussi...
L’usine de Frouard s’affiche dans l’Hexagone comme le premier site du groupe italien Sofidel à avoir engagé une politique de décarbonation. Les autres sites du groupe sont également concernés. À Roanne, le groupe vient de déposer un dossier BCIAT (Biomasse, chaleur, industrie, agriculture et tertiaire) auprès de l’Ademe pour la construction d’une chaudière biomasse.