Dossier

Sogestran Logistics : «Le fluvial est un transport d'avenir»

La filiale du groupe havrais Sogestran, lancée fin 2020, propose une offre de transport de conteneurs porte-à-porte combinant la voie fluviale et routière. 

Alain Maliverney et Yassine El Hajouji de Sogestran Logistics. © Aletheia Press / LBrémont

Alain Maliverney et Yassine El Hajouji de Sogestran Logistics. © Aletheia Press / LBrémont

Proposer une offre de transport de conteneurs porte-à-porte combinant la voie fluviale et routière, c'est ce que propose Sogestran Logistics, basée au Havre. La filiale du groupe Sogestran, lancée fin 2020, a profité du Salon international du transport et de la logistique, le SITL, du 31 mars au 2 avril à Paris Nord Villepinte, pour promouvoir ce mode de transport. Quatre lignes sont exploitées : sur la Seine (Le Havre/Nogent-sur-Seine), le Rhône (Pagny/ Fos-sur-Mer), dans le Nord (Dunkerque/Anzin) et le Rhin (Zeebruges – Amsterdam / Birsfelden).

«Aujourd'hui, des chargeurs, des armateurs maritimes et des transitaires demandent du report modal fluvial. Nous répondant tout simplement à cette demande», analyse Alain Maliverney, expert multimodal chez Sogestran Logistics. L'entreprise met en avant les avantages de cette solution, dont son aspect décarboné. «C'est un transport d'avenir. Il est au cœur de plusieurs sujets : RSE, sécurité, écologie», résume Alain Maliverney. 

Casser les idées reçues 

Par ailleurs, la capacité de l'entreprise à traiter 200 EVP en une fois répond à la massification du transport maritime. Annuellement, elle transporte 200 000 EVP. «Notre force, c'est notre capacité à parler des langages différents, celui du marinier, du transitaire, du transporteur routier…», note Yassine El Hajouji, directeur commercial chez Sogestran Logistics.

Le transport fluvial est souvent perçu comme lent, c'est pourtant loin d'être le cas. «Il faut 30 heures pour relier Le Havre à Gennevilliers. Ce n'est pas un délai très long pour des containers qui ont passé des semaines en mer. De plus, pendant le transport fluvial, la marchandise est stockée gratuitement», détaille l'expert multimodal. En ce qui concerne le coût, le responsable voit deux options : «Soit l'offre tarifaire sur le transport brut est plus intéressante, soit une économie plus générale est réalisée en incluant les charges liées au stationnement et au stockage».

Convaincre de passer au fluvial

Aujourd'hui, 262 000 EVP environ ont transité en 2025 sur la Seine, soit environ 6–8 % du flux de conteneurs. «Ce volume peut être multiplié sans difficulté par cinq», estime Alain Maliverney. La mise en service de la chatière du port du Havre, en 2027 devrait permettre une montée en puissance. Mais à l'échelon national, le fluvial peine encore. Alors qu’est-ce qui freine son développement ? «Je pense qu'il a une méconnaissance du fluvial», analyse Alain Maliverney qui pointe également la difficulté «à changer ses habitudes». 

«La difficulté, c'est d'arriver à convaincre», confirme Yassine El Hajouji. Pourtant, le secteur est prêt, les opérateurs sont opérationnels. «Nous avons besoin de l'aide de l'État pour orienter les chargeurs et nos clients et les prospects futurs vers ce mode de transport», estime l'expert multimodal. Une solution évoquée lors des tables rondes organisées au cours du SITL. Reste à savoir si l'État entendra le message…

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont