Aujourd'hui présent sur sept pays (Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Pologne, Portugal et France) avec un parc machines de 350 000 unités, Kiloutou affiche une santé plutôt solide dans une année «chahutée» selon les mots de son président exécutif, Olivier Colleau. Présent depuis 13 ans à l'international – 41% du chiffre d'affaires –, le groupe grandit notamment par croissance externe avec neuf acquisitions depuis 2024. C'est par exemple le cas en Europe du Sud et plus spécialement en Espagne où Kiloutou a récemment acquis cinq entreprises, permettant d'y franchir le cap des 100 M€ de chiffre d'affaires, et au groupe, de se situer dans le top 3 des acteurs du secteur. En Danemark, l'acquisition de l'entreprise de terrassement Thor permet à Kiloutou d'être le leader sur ce pays. «En Allemagne et en Pologne, les marchés sont plus complexes, avec des fonds européens tardifs. Mais nous avons une belle perspective en Allemagne avec le plan de relance de 500 milliards d'euros adopté en 2025 par le pays» explique Thibaut Le Chatelier, directeur international.
Année atone en France
Si l'export se porte plutôt bien – malgré des marges sous pression –, le marché français a enregistré un léger recul de 1% en 2025, s'établissant à 762 millions d'euros. Le groupe a fait preuve de «résilience» et se place à la seconde place du marché, malgré l'impact du recul de la construction neuve, la complexification des normes, un critère prix indéniable et une décarbonation qui peine à décoller. «L'industrie et les services se sont bien portés et avec l'énergie, ces secteurs représentent près de 40% de notre activité en France. Nous avons étendu notre gamme initialement généraliste avec une gamme dédiée aux artisans et nous nous sommes spécialisés : dans la signalisation, l'énergie, la climatisation – une agence dédiée verra le jour en métropole lilloise en 2026 – et l'événementiel» détaille Pierre Knoché, directeur général de Kiloutou France.
Les Hauts-de-France, berceau historique du groupe et 12% de l'activité française, ont tiré leur épingle du jeu avec les chantiers de Verkor, du nouveau CHU de Lens mais aussi du Canal Seine Nord. Et c'est aussi sur le territoire que la décarbonation est bien enclenchée. «2026 doit nous permettre de renouer avec la croissance sur le marché français. Les signaux sont encourageants sur le logement neuf et on peut aussi compter sur les smart building ou le déploiement de la 5G industrielle pour porter l'industrie et les services» assure Pierre Knoché.
Montée en puissance du web
Avec un premier site vitrine lancé en 2000, le web représente aujourd'hui 12% des contrats signés ; et l'objectif d'atteindre les 30% à horizon 2030. «Nous avons développé une application pour toutes les agences, afin que les équipiers puissent avoir connaissance des devis, faire le retour des matériels... C'est en cours de développement à l'international» poursuit Olivier Colleau. Parmi les autres leviers de croissance du groupe, la transition environnementale. Actuellement, 63% du parc machines fonctionne à l'électrique – soit 125 000 engins –, confirmant le côté «avant-gardiste» du groupe. Même si ce matériel coûte deux fois plus cher à l'achat, Kiloutou n'exclut pas d'atteindre, dans un horizon plus lointain, 100% de son parc machines en électrique. «Nous sommes confiants pour l'avenir. On espère fêter les 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2030, en étant de plus en plus européens pour atteindre 50% de notre activité, sans pour autant oublier la France» ambitionne Olivier Colleau.