Dossier

Toujours pas d’Eurostar, mais une gare rénovée à Calais-Fréthun

La région Hauts-de-France et la SNCF ont inauguré la gare rénovée de Calais-Fréthun ce 5 mars. L'occasion également de signer un contrat de performance pour quatre ans. Pas de quoi faire oublier aux élus locaux la désertion d’Eurostar.

«C’est bien d’inaugurer de nouveaux quais au mois d’août», lance, amusée, un invité de l’événement conjointement organisé, ce 5 mars à Fréthun, par la région Hauts-de-France et SNCF Gares et connexions. Il faut dire que le soleil était au rendez-vous. Et pour une fois, au sein de cette station ferroviaire d’envergure internationale – du moins lorsque l’Eurostar vers Londres s’y arrêtait encore – , c’est un train à l’heure qui a été fêté. Celui de la mise en accessibilité de la gare, après six mois de travaux étalés entre septembre 2024 et avril 2025. «C'était un chantier de nuit, essentiellement effectué entre 23h et 5h du matin, afin qu’il ait le moins d’incidence possible sur les circulations de trains voyageurs», confie Guillaume Becue, chef de projet pour la SNCF.

L’enveloppe dévolue à ce vaste projet de réhabilitation, co-assurée par la Région, l’État et la SNCF, atteignait initialement 3,7 millions d’euros. Il a fallu finalement 700 000 euros de moins pour le mener à bien. Pourtant, tous les travaux ont été réalisés. Parmi ceux-ci, le rehaussement des 400 mètres de quai de la gare basse permet aux usagers d’accéder aux trains de manière plus facile et autonome. S'y ajoutent la rénovation de la signalétique, de la sonorisation et des écrans, ainsi que le remplacement des abris pour les usagers.

D’ici la fin de l’année, 66 gares régionales devraient être également modernisées. «90% des Français habitent à moins de dix kilomètres d’une gare, mais les derniers mètres sont souvent les plus insurmontables », a justifié Alain Resplandy-Bernard, directeur général de SNCF Gares et connexions.

Des connexions à renforcer

«Cette inauguration montre que nous sommes un partenaire fiable, à qui l’on a envie de donner de l’argent», s’est aussi exclamé Alain Resplandy-Bernard, un brin provocateur à l'intention de Christophe Coulon, vice-président de la Région en charge des mobilités, des infrastructures de transport et des ports. En effet, la collectivité n’avait pas hésité à suspendre ses paiements à la SNCF en 2021, face aux dysfonctionnements récurrents du réseau TER.

«Bien sûr, il reste des choses à faire. Sinon, on s’ennuierait», a euphémisé Christophe Coulon. Mais on avance plutôt bien sur l’accessibilité et la modernisation des infrastructures». Là où le vice-président reste vigilant, c’est sur la fréquentation. «Elle a augmenté de 25% ces trois dernières années dans les Hauts-de-France. Il faudra l’absorber, et l’offre peut coincer». Dans ce cadre, la collectivité et la SNCF et ont signé un contrat de performance pour quatre ans.

Les élus locaux le savent, «la gare de Calais-Fréthun n’accueille plus d’Eurostar depuis 2021» et a récemment vu diminuer sa proximité avec Paris, le TGV ralliant désormais la capitale «en plus de deux heures, contre 1h20» auparavant, a rappelé Faustine Maliar, vice-présidente de la Région, en charge des politiques du littoral. Deux coups durs pour le territoire et son attractivité économique. Une gare modernisée n’a pas grand sens, si elle perd ses connexions.

Pour Aletheia Press, Arnaud Stoerkler