En bref

Trump porte un nouveau coup à la lutte contre le changement climatique

Donald Trump a annoncé jeudi abroger un texte adopté sous Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, un revirement majeur contre lequel...
Le président américain Donald Trump lors de l'événement "Champion du charbon" à la Maison Blanche, le 11 février 2026 à Washington © SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump lors de l'événement "Champion du charbon" à la Maison Blanche, le 11 février 2026 à Washington © SAUL LOEB

Donald Trump a annoncé jeudi abroger un texte adopté sous Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, un revirement majeur contre lequel s'opposaient les scientifiques et les défenseurs de l'environnement.

Cette décision, annoncée en fanfare depuis la Maison Blanche, met immédiatement fin aux normes d'émissions pour les véhicules et ouvre la voie à l'annulation d'autres réglementations environnementales, notamment en matière de rejets des centrales électriques.

Cela "va faire économiser des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains" en faisant baisser le coût des voitures, a assuré le président américain, climatosceptique déclaré.

En éliminant l'autorité sur laquelle s'appuyait l'Agence de protection de l'environnement (EPA) pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre, le républicain porte un coup important à l'action climatique du pays, premier contributeur historique de ces émissions qui réchauffent la planète.

Sans ce texte fondateur, "nous serons moins en sécurité, en moins bonne santé et moins à même de combattre le changement climatique - tout cela pour que l'industrie des énergies fossiles puisse gagner encore plus d'argent", a dénoncé sur X l'ancien président Barack Obama.

Ce retour en arrière "trahit le peuple américain et consacre le Parti républicain comme le parti pro-pollueurs", a accusé pour sa part le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, virulent opposant de Donald Trump dans un communiqué, promettant de la contester en justice.

Arnaque

Adopté en 2009 par l'EPA sous la présidence du démocrate Barack Obama, le texte abrogé stipulait que six gaz à effet de serre étaient dangereux pour la santé publique et tombaient donc dans le périmètre des polluants réglementés par l'agence fédérale.

Cette décision avait ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz (CO2, méthane...), à commencer par les émissions des camions et des voitures.

Sa révocation par la même agence, aujourd'hui dirigée par un proche de Donald Trump, a été vivement condamnée par de nombreux scientifiques et associations environnementales.

Il s'agit de "la plus grande attaque de l'histoire des Etats-Unis contre les efforts fédéraux pour lutter contre la crise climatique", s'est insurgé Manish Bapna, président de l'organisation environnementale NRDC auprès de l'AFP.

Interrogé sur les inquiétudes liées à ce revirement, Donald Trump a minimisé une nouvelle fois jeudi la crise climatique et nié le consensus scientifique à son sujet: "Je leur dis de ne pas s'inquiéter, car cela n'a rien à voir avec la santé publique, tout cela n'était qu'une arnaque, une arnaque géante." 

Bataille judiciaire

Grand défenseur du pétrole et du charbon, le républicain a enclenché depuis son retour au pouvoir une marche arrière toute en matière de climat, sortant une nouvelle fois la première puissance mondiale de l'Accord de Paris et détricotant de nombreuses normes environnementales.

Ce nouveau coup porté à la lutte contre le changement climatique devrait donner lieu à une longue bataille judiciaire, plusieurs associations environnementales ayant annoncé leur intention de la contester en justice.

L'affaire pourrait même remonter jusqu'à la Cour suprême, plus haute instance judiciaire du pays. Bien que cette dernière, majoritairement conservatrice, se soit montrée ouverte ces dernières années à des changements de jurisprudence, c'est l'une de ses décisions, en 2007, qui était à l'origine de ce texte emblématique de la lutte contre le changement climatique aux Etats-Unis.

Ce revirement survient alors que l'année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les Etats-Unis et le reste du monde.

Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans dans le monde développé faute d'investissements suffisants dans les technologies bas carbone.