En bref

Périscolaire: premier Conseil de Paris sous pression pour Emmanuel Grégoire

En pleine tempête dans les écoles de la capitale, le nouveau maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire convoque mardi un Conseil de Paris extraordinaire essentiellement consacré au périscolaire, éclaboussé des affaires de violences sexuelles à...
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le 29 mars 2026 à l'Hôtel de ville © JULIEN DE ROSA

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le 29 mars 2026 à l'Hôtel de ville © JULIEN DE ROSA

En pleine tempête dans les écoles de la capitale, le nouveau maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire convoque mardi un Conseil de Paris extraordinaire essentiellement consacré au périscolaire, éclaboussé des affaires de violences sexuelles à répétition, où l'opposition va lui demander des comptes.

L'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, qui a fait de ce dossier la "priorité absolue" de son début de mandat, soumet au vote son "plan d'action" à 20 millions d'euros annoncé début avril pour tenter de rétablir la confiance avec les familles.

Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des écoles, selon les chiffres dévoilés par Emmanuel Grégoire, qui a reconnu le caractère "systémique" de ces violences et fait part de ses "regrets".

L'édile socialiste, dont la campagne a été percutée par le scandale, a promis aux familles concernées une "transparence totale", en leur restituant l'intégralité des conclusions des enquêtes administratives. 

Son plan prévoit une simplification de la chaîne de signalement, avec une cellule d'écoute directement accessible.

La ville entend investir "massivement" dans la formation, en ouvrant une "école du périscolaire" pour professionnaliser la filière de l'animation, très précarisée. Et promet le réaménagement d'espaces "sensibles", comme les toilettes, pour éviter qu'un adulte se retrouve seul avec un enfant.

Dans un objectif de "tolérance zéro", la suspension sera "automatique et immédiate" dès lors qu'il y a un signalement, a prévenu M. Grégoire.

Explosion des suspensions

Sur le terrain, le syndicat Supap-FSU évoque un "climat de suspicion généralisée et d'arbitraire" et une "explosion des suspensions" alors que le secteur est "en sous-effectif permanent".

Le syndicat appelle les animateurs à une grève et à un rassemblement devant l'Hôtel de ville, au démarrage du Conseil. La FCPE Paris organise un autre rassemblement, en fin d'après-midi, pour exiger "un calendrier clair" et des "transformations concrètes". 

Emmanuel Grégoire a par ailleurs mis fin aux fonctions de la défenseure des enfants de la ville Dominique Versini, dont la nomination par l'ex-maire Anne Hidalgo avait été vue comme une "provocation" par l'opposition.

En outre, la directrice des affaires scolaires (Dasco) de la Ville de Paris vient de quitter ses fonctions, alors que le maire avait parlé de "changement managérial à tous les niveaux".

Celui qui fut dix ans adjoint à l'Hôtel de ville, dont trois ans en charge des ressources humaines et six ans premier adjoint, s'engage aussi à mettre en place une "commission indépendante" pour établir un état des lieux "complet" et rendre des préconisations.

"Il se planque derrière un prestataire extérieur pour se déresponsabiliser", a cinglé Grégory Canal, co-président avec Rachida Dati du premier groupe d'opposition, qui réclame une mission d'information et d'évaluation (MIE), transpartisane.

Son groupe proposera également l'installation de caméras de vidéosurveillance à l'intérieur des 620 écoles, pour un montant global "inférieur à 10 millions d'euros", après une phase d'expérimentation, précise l'élu dans un entretien au Parisien. 

Déni

"Pendant des années, la ville a été dans un déni qui est allé jusqu'au mensonge, avec une opacité totale sur les dysfonctionnements", a dénoncé pour sa part Florence Berthout, maire Horizons du Ve arrondissement et co-présidente du groupe "Paris Apaisé" (Horizons et Renaissance).

"Le nouvel exécutif ne parle en rien du +pourquoi+ de ces dernières années. Et depuis la multiplication des plaintes il ne s'est objectivement rien passé, c'est intolérable. J'espère que les uns et les autres vont répondre de l'absence d'action", a renchéri Maud Gatel, cheffe de file du groupe MoDem.

Outre les mesures d'urgence, M. Grégoire lancera une "convention citoyenne sur les temps de l'enfant", dont les conclusions seront remises en juin. Il a fait savoir qu'il n'avait "aucun tabou" sur la semaine de 4,5 jours d'école en vigueur à Paris depuis 2013.

Le nouveau locataire de l'Hôtel de ville présente aussi mardi des mesures contre la spéculation immobilière, en augmentant la majoration de la taxe sur logements inoccupés. Il installera une "brigade de protection du logement" pour lutter contre la fraude, l'habitat insalubre et faire respecter l'encadrement des loyers. "On va taper le plus fort possible", a prévenu M. Grégoire, qui exposera un plan contre le sans-abrisme.

En fin de journée, le maire, favorable à titre personnel à une vente encadrée du Parc des Princes au PSG, demandera mandat pour renouer le dialogue avec le club afin qu'il reste dans le stade mythique de la porte d'Auteuil (XVIe arrondissement).