Cette démarche a été initiée par le groupe mammalogique normand en 2020. À ce jour, 15 communes ont déjà rejoint la démarche. Cet "’îlot de tranquillité" se matérialise par des piquets en bois posés sur trois côtés de la zone distante de 50 m du mammifère, le quatrième côté étant ouvert sur la mer. Il est enrichit de panneaux de prévention et de sensibilisation.
Cohabitation entre les phoques et le grand public
Tout comme pour Fort-Mahon-Plage, cette démarche est financée grâce au projet européen "Life espèces marines mobiles". Au niveau de nos côtes, elle est portée par le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’opale et l’association Picardie Nature.
Le but est désormais que d’autres communes rejoignent Fort-Mahon pour permettre de favoriser la cohabitation entre les phoques et le grand public, préserver et valoriser le patrimoine naturel, former leurs agents afin de répondre concrètement aux sollicitations, apprendre les bons gestes et faire valoir leur responsabilité vis-à-vis des risques sanitaires, des dangers ou des mauvais comportements.
Rappelons que la baie de Somme abrite la plus grande colonie de phoques veaux-marins de France avec 600 individus et phoques 550 phoques gris. Une dizaine de fois par an, il arrive qu’un phoque soit observé sur la plage de Fort-Mahon, au nord et au sud. Même s’il n’est pas menacé, le symbole de la baie de Somme reste protégé au niveau national et international :
Un maillon essentiel de l’écosystème marin
«Il faut éduquer les gens qui ne comprennent pas qu’ils puissent se reposer et vont vers eux même avec un chien. Il y a un gros boulot à faire», estime Alain Baillet, le maire, qui prône une «cohabitation harmonieuse». Pour Emmanuel Maquet, le phoque est un «maillon essentiel de l’écosystème marin et un bon indicateur de son état de santé». Eric Hugentobler a souligné un «travail collectif et en bonne intelligence. Il faut observer, protéger et s’émerveiller devant cette nature indispensable».
Dans tous les cas, il ne faut pas chercher un contact direct avec les phoques : «La majorité du temps, ils viennent se reposer sur la plage quelques heures, explique Sarah Monnet, chargée de mission mammifères à Picardie Nature. Mais il se peut que ce soit un petit, un individu malade. Un phoque peut mordre et transmettre des bactéries, virus et parasites à un chien».
Ainsi, ce programme prévoit des opérations de sensibilisation dans les écoles et auprès du grand public. En 2025, plus de 200 naissances ont été recensées sur le littoral picard, durant l’été. À cause des dérangements, 19 jeunes phoques veaux marins ont été retrouvés échoués vivants et neuf sont morts.
SOS phoques
Dès qu’un phoque est repéré, chacun est invité à contacter l’observatoire Pelagis au 05 46 44 99 10, afin que leurs référents locaux se rendent au plus vite sur place puis que les agents municipaux, qui ont tous été formés, dressent ce périmètre de sécurité. Rappelons qu’une amende allant jusqu'à 750 euros peut être dressée pour ceux qui dérangent les phoques.