En bref

De Lille aux Antilles : le pari innovant d'étudiants de l'Icam

Des étudiants lillois ont travaillé sur un collecteur d'algues low-tech, en collaboration avec l'entreprise martiniquaise Sargawatt. Le 6 juin, le prototype quittera les berges de la Deûle pour naviguer jusqu'à Fort-de-France.

A l'origine du projet Sargawatt, Matthieu Bergot et Bruno Sainte-Rose, qui ont imaginé un dispositif de ramassage des sargasses, ces algues brunes qui s'échouent par centaines de milliers de tonnes sur les plages de la Caraïbe, et qui, en pourrissant, libèrent un cocktail d'ammoniac et d'hydrogène sulfurée, qui étouffent la biodiversité du littoral et ralentissent l'économie locale. Plutôt que de confier la R&D à un cabinet d'ingénierie, les deux co-fondateurs de Sargawatt se sont appuyés sur le Service aux Entreprises du campus lillois de l'Icam, qui fait travailler des binômes d'étudiants ingénieurs sur un projet industriel réel, encadré par un chef de projet permanent.

Le «Sargajet®» a donc été conçu et fabriqué sur le campus de Lille, avec une logique low-tech permise grâce au FabLab, aux imprimantes 3D, à l'école de production ou encore aux enseignants-chercheurs. Testé la semaine dernière dans la Deûle, il l'a ensuite été sur un canal des Voies Navigables de France, qui souffre aussi de plantes envahissantes, ouvrant un second débouché sur les algues en Hauts-de-France, en plus du déploiement antillais. Le prototype quittera Lille le 6 juin.