Dossier
Transformation de véhicules

Un an après le rachat, Jocquin est en pleine croissance

Thibaut Jonard est le nouveau PDG des établissements Jocquin à Gamaches, dans la Somme, depuis qu'il a racheté l'entreprise en juillet dernier. Arrivé en 2018 en tant que commercial, il préside désormais à la destinée de cette entreprise née il y a 160 ans.


Avec plus de 160 ans d’existence, les établissements Jocquin sont passés du charronnage, qui consiste à réparer les charrettes, aux premières remorques agricoles en bois, puis au tout-métal. L’entreprise s’impose ensuite dans les années 60-70 grâce aux mini bennes pour utilitaires et à ses exportations de bennes agricoles massives vers l’Afrique. «Les années 1980 ouvrent un nouveau chapitre avec le développement de véhicules dédiés aux sapeurs-pompiers et aux interventions d’urgence. Après 2010, le ralentissement du secteur incendie pousse l'entreprise à repenser son avenir. Mon arrivée en 2018 marque un tournant. Je recentre l’activité sur le BTP et l’aménagement d’utilitaires. Progressivement, je cherche à structurer l’entreprise, renforcer son ancrage local et moderniser son fonctionnement tout en proposer des solutions sur mesure à nos clients fondées sur des valeurs de pragmatisme et de sens agricole», annonce d'emblée le dirigeant de 37 ans arrivé en janvier 2018 en tant que commercial et qui en septembre 2023 est nommé à la direction générale. 

En juillet 2025, il rachète l'entreprise. «Je rachète parce que j'y crois. Les chiffres sont clairs, 2,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018 et et là on va flirter avec les cinq millions d'euros». L'entreprise, qui s'étend sur 7 000 m² de locaux, dispose d'un bureau d'études avec des techniciens spécialisés en dessins industriels et techniques d'industrialisation. 

Sous-traitant de constructeurs 

«En 2018, quand je suis arrivé, l'entreprise se cherchait un peu sur les marchés qu'elle allait conquérir. On faisait un peu de pompiers, on faisait un peu de BTP, on faisait un peu de véhicules spécifiques. Mais il n'y avait pas d'axe de direction précis. Alors, j'ai recentré l'activité de la société vers le marché du BTP et vers le véhicule très spécifique, raconte Thibaut Jonard. Donc aujourd'hui, nous sommes un acteur majeur de la transformation BTP. On commence à se faire un nom dans le domaine des véhicules spécifiques. C'est plus long parce que c'est un marché plus court, plus étroit. On travaille aussi régulièrement sur les véhicules d'intervention de sécurité».

Jocquin intervient aussi sur les véhicules destinés aux polices municipales et les véhicules d'intervention pour EDF, RTE et Enedis, ainsi que leurs véhicules légers d'intervention 4 roues motrices et leurs véhicules de direction. « Aujourd'hui, nous avons doublé les volumes et avons pris la décision de créer une dynamique de partenariat avec des acteurs intéressants. Nous avons signé des accords constructeurs plus précis. On a toujours été référencés par les constructeurs, mais de façon trop vague. Par exemple, pour le compte du groupe Renault aujourd'hui, nous sommes un sous-traitant de transformation. » 

De 400 à 1 200 véhicules transformés

De 2022 à 2024, Jocquin était dans une dynamique de progression intelligente avec une production de 400 autos transformées par an. En 2025, l'entreprise en sort 600 et les prévisions de sorties pour 2026 sont de 750 et de 1200 d'ici 2030. «Nous devrions être à 30 salariés d'ici à fin décembre. Les métiers ici tournent autour du savoir-faire de monteur. Mais c'est un métier qui n'existe pas vraiment. Il n'y a pas de formation existante dans ce domaine précis. Donc c'est un métier auquel on forme ici en interne. Un monteur, c'est quelqu'un qui va être débrouillard, qui va savoir faire à la fois un peu d'électricité, de l'assemblage de pièces, de la définition de création de pièces aussi», explique le PDG qui n'oublie pas le passé qui a forgé ce savoir-faire lorsque Jocquin rachetait les vieux camions de l'armée américaine, les fameux GMC, restés sur notre territoire après la guerre. 

«Ils étaient désossés entièrement, il fallait retirer les cabines et les cellules militaires pour en faire des bennes pour les agriculteurs. Et sur ceux qui étaient trop abimés, ils récupéraient les essieux, les axes de roues et les pneus pour fabriquer des remorques agricoles». Aujourd'hui, Thibaut Jonard souhaite plus que tout conserver la société sur son lieu historique, dans cette vallée de la Bresle qui a vu son essor et pour laquelle l'avenir semble prometteur.