En bref
Edito

Tenir Encore et toujours

Covid, gilets jaunes, explosion énergétique due à la guerre en Ukraine, instabilité gouvernementale et désormais conflit au Moyen-Orient ; selon la formule consacrée, les années se suivent et se ressemblent (malheureusement) pour les entreprises qui doivent faire face, plus que jamais aux aléas internationaux. 

© DR- Les entreprises savent pertinemment qu’elles ne peuvent plus compter que sur elles pour trouver une solution…

© DR- Les entreprises savent pertinemment qu’elles ne peuvent plus compter que sur elles pour trouver une solution…

Si l’attaque conjointe menée en Iran par Israël et les États-Unis a pu – dans un premier temps – paraître éloignée de notre quotidien, force est de constater que deux mois plus tard, le conflit nous a tous rattrapés avec de lourdes conséquences. Alors que 2025 se terminait sur une note d’optimisme du côté de l’Insee avec une croissance à 0,9% pour la France, les quelques espoirs ont vite été douchés par cette guerre qui bouleverse tout sur son passage et grippera inévitablement l’économie. D’ailleurs l’envol inégalé du prix des hydrocarbures a d’abord provoqué la panique jusqu’au sommet du ministère de l’économie, même si Roland Lescure a vite rétropédalé pour faire oublier sa sortie sur le «nouveau choc pétrolier». Tous les secteurs d’activité sont désormais en surchauffe à l’image de l’industrie qui subit des hausses de frais de transport à deux chiffres quand les ruptures de stocks commencent à se multiplier. Le risque de pénurie est à portée de main, selon le syndicat Plastalliance, rappelant que «les emballages captent à eux seuls 40% de la production plastique» pour une filière qui compte 3 000 entreprises en France, surtout des PME, et concentre 120 000 emplois. 

 Des solutions qui ne tomberont ni du ciel ni du Gouvernement

Face à cette situation apocalyptique, quelle est la marge de manœuvre du Gouvernement alors que les caisses sont vides ? Si les précédentes crises ont toujours été accompagnées du fameux «quoi qu’il en coûte», 2026 voit l’émergence d’une alternative plus light à base d’aides ciblées (aide pour près de 3 millions de grands rouleurs modestes, prêt flash pour les PME, réforme des titres-restaurant) mais aussi d’une annonce autour d’un grand plan d’électrification, sorti du chapeau du Premier ministre, mais avec quel financement ? Mystère. Si l’ambition de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées est un objectif partagé par tous, c’est bien le court terme qui préoccupe les professionnels, qui doivent tenir, sans rien espérer des pouvoirs publics, à l’image de la Fédération du BTP qui ne demande pas l’impossible, mais seulement «un observatoire public d’établissement du prix des matériaux de bâtiment». Les entreprises savent pertinemment qu’elles ne peuvent plus compter que sur elles pour trouver une solution… en espérant que le conflit cesse le plus vite possible. Résilience, réorganisation, sobriété énergétique ; autant de mots et de concepts entrés dans le langage courant et le quotidien des dirigeants. Une orientation stratégique illustrée dans ce numéro par la dernière filature intégrée de France qui aurait pu disparaître, il y a deux ans. Reprise sous la forme d’une Scop par 56 salariés tous devenus associés, Bergère de France a connu de nombreuses crises, mais se concentre désormais sur l’avenir, en misant sur la modernisation, la diversification mais aussi un plan d’économie énergétique. En ce début de mois de mai, le cœur de l’économie n’est pas à l’organisation d’échappées et autres week-ends, mais bien à la mobilisation générale. 

C’est bien le court terme qui préoccupe les professionnels