En bref

Un chef-d'œuvre de Renoir, rarement exposé en France, à Orsay pour une exposition majeure

"Le Déjeuner des canotiers", chef-d'oeuvre de Renoir appartenant à une collection américaine et rarement prêté, a été accroché lundi au musée d'Orsay à Paris, prélude à une double exposition autour du peintre impressionniste...
 © Emmanuelle MONIER

© Emmanuelle MONIER

"Le Déjeuner des canotiers", chef-d'oeuvre de Renoir appartenant à une collection américaine et rarement prêté, a été accroché lundi au musée d'Orsay à Paris, prélude à une double exposition autour du peintre impressionniste dès le 17 mars, a constaté l'AFP.

Peint entre 1880 et 1881, ce grand format de 130 cm par 175 cm représente une fin de déjeuner estival à la Maison Fournaise à Chatou, sur les bords de Seine, un des lieux fétiches d'Auguste Renoir (1841-1919).

Installés au balcon, la quinzaine de convives badinent, se rapprochent voire se séduisent, laissant filer le temps. 

Acheté par le marchand Paul Durand-Ruel, le tableau a été acquis dans les années 1920 par le collectionneur américain Duncan Phillips et conservé dans sa Phillips Collection, musée d'art moderne réputé à Washington.

"Le Déjeuner des canotiers" n'a pas fait escale à Paris depuis 20 ans, lors d'une exposition au musée du Luxembourg. 

Le revoir en France, "c'est un très grand événement. Pour tout vous dire, c'était vraiment un de mes rêves de faire venir ce tableau au musée d'Orsay", a confié à l'AFP Paul Perrin, directeur de la conservation et des collections du musée parisien.

Il illustre "une sorte d'image idéale de la société, où toutes les classes sociales se rencontrent et vivent en harmonie, de façon joyeuse, au bord de l'eau, dans la nature", décrit-il.

Le chef-d'œuvre sera visible dès le 17 mars, dans le cadre d'une double exposition consacrée au peintre, figure centrale de l'impressionnisme connue pour magnifier des scènes de la vie moderne, d'où s'échappent des jeux de lumière éclatants.

"Renoir et l'amour, La modernité heureuse (1865-1885)" retracera, jusqu'au 19 juillet, la première partie de sa carrière via une cinquantaine de toiles dont "La Danse à Bougival" et le "Bal du moulin de la Galette".

"Quel que soit l'avis que l'on pense avoir sur sa peinture, il faut la voir en vrai" et non à travers des reproductions qui ne reflètent pas la vitalité des couleurs, invite M. Perrin, également co-commissaire de cette exposition organisée avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston.

En parallèle, Orsay présentera jusqu'au 5 juillet "Renoir dessinateur", qui compile pour la première fois une centaine d'œuvres du maître dont des dessins, aquarelles et pastels.

Par ailleurs, le musée doit entamer le 10 mars des travaux, prévus pour durer jusqu'à l'été 2028 et visant notamment son parvis et la réorganisation de l'accueil des 3,7 millions de visiteurs annuels. Il restera ouvert aux horaires habituels, avec des entrées modifiées.