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Une brasserie artisanale au cœur du centre historique de Laon

Fondée en 2020, la Brasserie de la Montagne Couronnée allie production artisanale et lieu de vie en ville-haute. Stéphane Lobjois y déploie une stratégie fondée sur le circuit court et un ancrage territorial fort.

La brasserie propose entre 9 et 14 bières selon les saisons.

La brasserie propose entre 9 et 14 bières selon les saisons.

Installée dans la ville haute de Laon, la Brasserie de la Montagne Couronnée (BMC) s’est installée dans un ancien bureau de poste reconverti en café-brasserie, à deux pas de la cathédrale, au cœur du centre historique. Créée en 2020, l’entreprise familiale est portée par Stéphane Lobjois, revenu «aux sources» après plus de vingt ans dans l’humanitaire. Le café, avec son décor à l’ancienne, des jeux de table et des soirées à thème, transforme la brasserie en une expérience unique : on vient consommer, mais aussi rester, discuter et jouer.

Une production artisanale

Derrière le bar, la BMC c’est d’abord un atelier. Chaque brassin sort à 1 000 litres. Un volume qui impose une planification serrée (matières premières, fermentation, stockage, embouteillage) tout en conservant une fabrication manuelle. Stéphane Lobjois revendique une méthode traditionnelle, sans ajouts de sulfites ni clarifiants, afin de laisser «les saveurs des céréales s’exprimer». Sur le grand tableau noir au fond de la salle, entre neuf et quatorze bières sont écrites à la craie blanche. Des noms qui racontent Laon : la Grimpette, la Gargouille Impudique (référence aux gargouilles de la cathédrale), l’Adieu Berthe. À côté de l’ancrage local, La Super Marquette assume le clin d’œil aux styles internationaux, avec une IPA très houblonnée. La BMC a fixé un prix de vente accessible à 3,50 euros les 25 cl, «le même prix qu’une bière industrielle», insiste le brasseur laonnois. Entre ventes au comptoir et ventes à emporter, la production trouve ses débouchés localement et jusqu’à Reims.

Circuits courts pour réduire l'impact 

La BMC se développe dans un secteur en forte densification. «En 1982, il restait 32 brasseries en France. Aujourd’hui, le pays en compte environ 2 500, une dynamique nourrie par l’influence du mouvement “craft” né aux États-Unis dans les années 1970», explique Stéphane Lobjois avec, entre les mains, le Who’s Who de la brasserie. Si la France détient le record européen du nombre de sites de production, elle est paradoxalement l'un des pays où l'on consomme le moins. 

La brasserie affiche clairement sa volonté de réduire son impact environnemental. Les bouteilles proviennent de la verrerie de Vauxrot près de Soissons (30 km), le malt d'Aire-sur-la-Lys ou de Belgique, et les fruits rouges sont sourcés directement à Laon. Si le houblon provient encore d'Alsace, Stéphane Lobjois espère bientôt collaborer avec un agriculteur régional. De plus, la salle de brassage vient d’une brasserie écossaise, les chaises et les tables du café sont de la récupération et l’embouteilleuse et la capsuleuse viennent de Grasse. 

La brasserie s’appuie sur trois piliers : la proximité des approvisionnements, la tradition de brassage, et le réemploi. Concrètement, la BMC cherche à réduire son empreinte carbone par le choix de fournisseurs proches, l’usage d’équipements de seconde main, une électricité dite «verte» et la consigne des bouteilles. Les clients adorent l’endroit. Âgés entre 30 et 50 ans, ils aiment venir ici pour discuter, jouer et se détendre. Il y a aussi des entreprises locales qui achètent des coffrets cadeaux lors des fêtes de fin d'année ou d'occasions spéciales.