Portrait

Urbanloop accélère son industrialisation

Urbanloop, entreprise grand-nancéienne issue de la Recherche spécialisée dans la conception de mode de transport doux et autonome avec son concept de capsules alimentées par des rails électriques, entre dans une nouvelle phase de son développement. L’industrialisation sur son site de Tomblaine est en train de passer un nouveau cap. 


Concentré, l’opérateur ajuste les pièces sur la face avant du module en cours de montage. À l’intérieur, les connectiques encore à nu attendent leur câblage. Étape par étape, les capsules d’Urbanloop, système de transport décarboné autonome, alimentées par des rails électriques, prennent vie dans une partie des ateliers Cini de Tomblaine où cette «start-up de la mobilité», comme aime la définir Jean-Philippe Mangeot, l’un de ses fondateurs a élu domicile depuis le lancement de l’industrialisation du concept. 

Les capsules présentes ce jour doivent partir aux Émirats Arabes Unis pour alimenter le vaste projet en cours à Abu Dhabi pour le compte d’Abu Dhabi Transport, le gestionnaire des réseaux de transport de la ville. Les premières phases de test se sont déroulées, comme pour l’ensemble des autres projets, à quelques encablures sur le terrain d’essais de l’entreprise juste à côté de l’aérodrome de Tomblaine. Un site où Urbanloop entend affirmer son ancrage territorial. 

«À Abu Dhabi, le chantier se poursuit, la situation géopolitique et le blocage du détroit d’Ormuz compliquent un peu les choses mais cela avance». Les équipes de l’entreprise grand-nancéienne effectuent des rotations en direction de la zone des Émirats histoire d’assurer le suivi. Dans l’Hexagone, cette solution de transport autonome et durable commence réellement à faire des adeptes.

Saint-Quentin-en-Yvelines et son parcours à l’occasion des Jeux Olympiques 2024 reliant une fan zone vers des sites de compétitions, Dunkerque et la desserte de sa zone industrialo-portuaire et la Métropole du Grand Nancy et son projet de desserte de l’écoquartier des Rives de Meurthe avec un crochet vers la future cité judiciaire. 

100 M€ de CA cumulé en 2028

L’annonce récente par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, du report de la construction de ce bâtiment, «ne bloque en rien notre projet de transport autonome dans cette partie de la cité ducale», assure Jean-Philippe Mangeot. Urbanloop vient d’ailleurs de recevoir l’avis favorable pour le projet nancéien de Certifer, expert en mobilité et sécurité ferroviaire. 

Les demandes d’études de projet de la part de collectivités territoriales à l’image récemment de Manosque ou encore d’infrastructures aéroportuaires comme l’aéroport de Toulouse ou de certains sites franciliens s’additionnent entraînant la société à engager une vaste campagne de recrutement histoire de faire face à la demande. 

«La technologie est là et elle est éprouvée, le besoin est là avec une recherche constante aujourd’hui en matière de mobilité douce et durable». L’alignement des planètes est quasi parfait. 

«Notre objectif est d’aboutir, d’ici à la fin 2028, à un chiffre d’affaires cumulé de 100 millions d’euros. Nous en sommes déjà à la moitié», assure ce professeur de l’École nationale supérieure d’électricité et de Mécanique (Ensem) de Vandœuvre-lès-Nancy où tout a commencé en 2017. 

«Tout est parti d’un projet d’étudiants et de recherche. Comment optimiser la mobilité urbaine avec un minimum d’énergie et des services comparables à ceux de la voiture ?»

La technologie est là, les besoins aussi 

Le projet de capsules entièrement autonomes sur un tracé dédié rencontre un engouement dans la sphère scientifique et universitaire en Lorraine et au-delà. Deux ans après, histoire de développer industriellement le projet, une SAS est créée et les premiers brevets déposés. 

À la fin 2020, la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) du ministère des Transports via le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG) ne relève pas de points bloquants aussi bien de fonctionnement que techniquement. 

En février 2021, la première boucle d’essais est posée. En mai de la même année, le record du monde de la plus faible consommation d’énergie pour un véhicule électrique autonome sur rail est établi en présence du ministre des Transports de l’époque, Jean-Baptiste Djebbari. La machine est plus que lancée et rien ne semble pouvoir l’arrêter. L’industrialisation devrait passer, très prochainement, à la vitesse supérieure...



Big bang au ralenti    

Le temps administratif est un temps long ! Dans les différents projets aujourd’hui menés, Urbanloop compose avec des longues phases d’études, des parcours normatifs pointus et des phases de tests tout aussi drastiques. «Cela prend du temps pour aboutir, c’est un véritable big bang technologique et sociétal au ralenti que nous vivons», assure Jean-Philippe Mangeot, fondateur et président d’Urbanloop.