En bref

À Beauvais, le ministre des Comptes publics en visite au centre des impôts

En visite au centre des impôts de Beauvais ce 10 avril, le ministre des Comptes publics David Amiel et la directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier, ont observé le déploiement de l'intelligence artificielle au profit de la fiscalité foncière.

Dans le cadre du lancement de la campagne de déclaration de l'impôt sur le revenu (2e source de financement de l'État), David Amiel, ministre des Comptes publics, et Amélie Verdier, directrice générale de la DGFiP, se sont rendus au centre des impôts de Beauvais. «Plus de 40 millions de contribuables sont concernés en France, dont 470 000 dans l’Oise. Les agents restent mobilisés pour accompagner les usagers, que ce soit en guichet, par téléphone ou en ligne», observe David Amiel. Lors de cette visite, le ministre a pu découvrir comment l'IA fluidifie les échanges entre les usagers et le service départemental des impôts fonciers.

Recourir au langage clair

Le service départemental des impôts fonciers (SDIF) centralise les données de 688 000 citoyens et 450 000 locaux afin d'établir une cartographie précise des bâtiments. Un travail qui sert ensuite à calculer la base des impôts fonciers, soit une assiette de 600 millions d'euros, indispensable aux collectivités locales. «Avec 80 000 appels, 20 000 courriels et 12 500 déclarations annuelles, l'accueil est crucial pour la DGFiP, d'autant qu'un Français sur trois peine à comprendre le langage administratif. Simplifier cet échange est pour nous un enjeu majeur», explique Gwenaël Lançon, à la tête du SDIF de l'Oise. Pour cela, le SDIF a développé "Langage clair", une IA qui permet de reformuler de façon simple et concise le jargon de l'administration fiscale.

Un usage encadré

«L'expertise fiscale demeure centrale : notre IA n'a pas vocation à remplacer les agents ni à se substituer à leur réponse», assure Gwenaël Lançon, qui souligne que 75% des agents expérimentateurs ont donné une note supérieure à 7 sur 10 à l’outil. Parmi eux, Stéphanie Noël, inspectrice des finances publiques, qui affiche plus de 15 ans d'expérience en matière de relation avec les usagers. «Bien que la vigilance humaine reste indispensable, l'IA permet un gain de temps considérable en doublant la capacité de réponse des agents expérimentés», observe-t-elle. 

Simplifier l'échange administratif est pour nous un enjeu majeur

La simplification des réponses - qui respecte cependant à la lettre le sens juridique - permet également d'éviter un surplus d'échanges. «L'IA dans les services publics doit être co-construite avec les agents, dans le respect de l'éthique et de notre souveraineté. Une négociation va être lancée pour identifier les outils capables de simplifier le travail et d'éliminer les tâches répétitives», annonce David Amiel, qui rappelle que l'IA représente une transformation majeure, notamment dans le monde du travail. «Le pire serait de subir. Nous devons anticiper ; pour cela, il faut que le dialogue social soit au cœur de notre démarche», conclut-il.

Pour Aletheia Press, DLP

Le grand malaise des agents de la DGFiP

En 2025, en France, 20 agents de la DGFiP se sont suicidés et 30 ont commis une tentative de suicide. «Nous n'avons pas été entendus sur la perte de sens de notre travail, l'industrialisation de nos missions, le management toxique et le sous-effectif chronique» regrette Frédéric Liegaux, secrétaire départemental de la CGT Finances publiques. «Un plan pérenne a été lancé pour améliorer les conditions de travail et réduire les risques psychosociaux. Il inclut le déploiement d’un brevet de premiers secours en santé mentale et l’adoption de modèles managériaux favorisant l’expression des agents» répond Amélie Verdier.