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A Paris, des "sans trains" interpellent les sénateurs avant la loi-cadre sur les Transports

Ils sont venus de Corrèze, d'Ardèche, des Charentes, du Puy-de-Dôme ou de la Loire. Une poignée de militants ont affiché mardi à Paris "la colère des sans trains" en déployant leur drapeau à tête de mort, inspiré du célèbre...
Un drapeau, inspiré d'un manga, portant l'inscription "la colère des sans trains" déployé devant le jardin du Luxembourg près du Sénat où sera discuté à partir de mercredi le projet de loi-cadre sur les Transports, le 14 avril 2026. © JULIEN DE ROSA

Un drapeau, inspiré d'un manga, portant l'inscription "la colère des sans trains" déployé devant le jardin du Luxembourg près du Sénat où sera discuté à partir de mercredi le projet de loi-cadre sur les Transports, le 14 avril 2026. © JULIEN DE ROSA

Ils sont venus de Corrèze, d'Ardèche, des Charentes, du Puy-de-Dôme ou de la Loire. Une poignée de militants ont affiché mardi à Paris "la colère des sans trains" en déployant leur drapeau à tête de mort, inspiré du célèbre manga "One Piece", devant le jardin du Luxembourg.

"Le besoin de trains s'exprime partout en France, or les petites lignes ferment les unes après les autres" lance Bernard Peuch, du collectif d'usagers pour la défense de la ligne Angoulême-Limoges, fermée depuis 2018.

Comme lui, les militants sont venus à deux pas du Sénat, dans l'espoir d'interpeller les sénateurs qui examineront mercredi le projet de loi-cadre sur les Transports. 

Entouré des drapeaux devenus l'emblème des révoltes de la jeunesse dans plusieurs pays du monde, M. Peuch regrette de n'avoir pas été reçu par le président de la chambre haute, Gérard Larcher, alors qu'il dit avoir demandé un rendez-vous.

Le collectif propose 24 amendements à ajouter au projet de loi. Il demande "des financements d'urgence pour les petites lignes ferroviaires", un "plan massif de régénération du réseau", une "fiscalité orientée sur le rail", une "reconnaissance" des lignes dites d'aménagement du territoire, ainsi qu'un "bilan" de l'ouverture à la concurrence du train.

Dans le rassemblement, beaucoup d'associatifs, des usagers, des cheminots, un ancien leader syndical de la CGT Cheminots, Didier Le Reste, l'actuel secrétaire général de Sud Rail Julien Troccaz, et plusieurs sénateurs venus en soutien, dont la sénatrice socialiste de la Charente Nicole Bonnefoy ou le sénateur Les Ecologistes du Bas-Rhin Jacques Fernique.

Leur point commun: la ruralité et leur "ligne de vie", une liaison ferroviaire qui a disparu ou est menacée de disparaître, comme Ussel-Clermont-Ferrand, Clermont-Saint-Etienne, ou encore Guéret-Felletin. Beaucoup sont situées dans le Massif-Central.  

"Or la loi-cadre ne prévoit pas de s'intéresser au financement de ces lignes" souligne Marc Gouttebroze, du collectif Aurail qui rassemble une vingtaine de collectifs et d'associations d'Auvergne Rhône-Alpes, allant "du lac Léman à la Corrèze". 

"Il faut recréer une liaison Bordeaux-Lyon qui passe par le centre de la France, car nous, nous y vivons et nous avons besoin de nous déplacer aussi" ajoute M. Peuch, égratignant au passage la nouvelle offre commerciale de la SNCF qui propose un Bordeaux-Lyon en TGV, mais passant par la banlieue de Paris au lieu de tirer en droite ligne.

"Ce qui manque, c'est une vision et une planification" complète Olivier Marvaud, de l'association les 7 sentinelles basée à La Rochelle, membre du réseau Convergence nationale rail qui fédère 131 collectifs, comités d'usagers, collectivités et élus.