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Tourcoing : les ministres mettent la mode durable à l’honneur chez Vestiaire Collective

Ce 15 janvier à Tourcoing, Vestiaire Collective a ouvert ses portes à Monique Barbut et Mathieu Lefèvre, ministres en charge de la Transition écologique. L’occasion de découvrir un modèle économique innovant qui évolue dans le marché de la seconde main en pleine expansion.

Monique Barbut et Mathieu Lefèvre découvrent le centre d’authentification de Vestiaire Collective à Tourcoing. © Aletheia Press / L. Péron Vranesic
Monique Barbut et Mathieu Lefèvre découvrent le centre d’authentification de Vestiaire Collective à Tourcoing. © Aletheia Press / L. Péron Vranesic

C’est au cœur de son centre d’authentification et de réparation de 8 000 m², à Tourcoing, que Vestiaire Collective, plateforme mondiale de revente entre particuliers d’articles de luxe de seconde main, a accueilli, jeudi 15 janvier, deux invités de marque. Monique Barbut et Mathieu Lefèvre, respectivement ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, et ministre délégué chargé de la Transition écologique effectuaient un déplacement dans le Nord et ont fait étape dans l'entreprise.

Une visite symbolique, organisée pour mettre en lumière une entreprise dont le modèle contribue à la réduction de l’empreinte environnementale de la mode, tout en s’inscrivant dans une dynamique économique en forte croissance. En effet, selon le cabinet Boston Consulting Group, le marché mondial de la seconde main, évalué à 130 milliards de dollars en 2022, a atteint les 210 milliards de dollars en 2025.

Vestiaire Collective mise sur la durabilité

L'entreprise a présenté les mesures concrètes mises en place pour réduire son impact environnemental. «Depuis 2022, nous avons fait le choix de sortir de la fast fashion. Nous limitons désormais la revente à une soixantaine de marques, sélectionnées pour la durabilité de leurs produits», explique Hortense Pruvost, responsable impact. L’entreprise promeut ainsi un achat plus responsable : une pièce plus chère, mais durable, qui ne nécessite pas d’être remplacée fréquemment, limitant ainsi la production de neuf.

La logistique a également connu des évolutions. «Nous avons repensé notre organisation pour privilégier les circuits courts. Le site met automatiquement en avant des pièces proches géographiquement de l'acheteur, afin d’éviter les expéditions intercontinentales», précise Hortense Pruvost. Résultat : la part du transport aérien a chuté de 67% à 22% en cinq ans. Pour ce faire, l’entreprise dispose de quatre plateformes logistiques : à Tourcoing pour la zone euro, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Asie.

Vers une seconde main responsable

Toutefois, un point important a été soulevé par Monique Barbut lors de la visite, concernant les retours. «Si un produit ne convient pas à l'acheteur, j’ai cru comprendre qu’il ne pouvait pas le retourner, le produit peut donc rester inutilisé. Il faut veiller à ce que la seconde main reste une consommation réellement responsable». Face à ce problème, Vestiaire Collective a une solution. «Pour éviter cela, les acheteurs insatisfaits peuvent remettre gratuitement leurs articles en vente sur la plateforme, sans commission. Généraliser les retours physiques serait trop complexe. Ils représentent 20 à 30%, dans le commerce du neuf», explique Charles Bellois, responsable des opérations au sein de Vestiaire Collective.

Pour les années à venir, l’entreprise entend renforcer et étendre ses initiatives. Depuis la fin de l’année dernière, Vestiaire Collective propose aux entreprises d’acheter des crédits carbone. Concrètement, ces fonds soutiennent certaines activités de l’entreprise, comme l’authentification des articles et la gestion du catalogue, tout en finançant des projets de marketing d’impact visant à sensibiliser les consommateurs à la seconde main. Parallèlement, Vestiaire Collective prévoit de collaborer avec des influenceurs responsables pour promouvoir davantage la mode de seconde main de luxe et renforcer sa visibilité. L'entreprise entend changer les mentalités des consommateurs et offrir des alternatives durables dans un secteur encore loin d'être vertueux.

Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic

Tourcoing : une implantation stratégique

Implantée à Tourcoing depuis 2017, l’entreprise a fait de la métropole lilloise un pilier de son organisation européenne. «Nous avons choisi Tourcoing pour son expertise textile historique et pour la richesse de son bassin d'emplois. Nos volumes ont fortement augmenté et nous avions besoin d'un site capable d'accompagner cette croissance», explique Charles Bellois. Le site gère l’ensemble de la zone euro et emploie plus de 120 salariés dans la région. Le panier moyen atteint 300 euros, reflet du positionnement luxe de la plateforme, où chaque pièce est déjà vendue avant son arrivée dans l’entrepôt.

L’essor de la seconde main : une réalité

Le marché mondial de la seconde main a été multiplié par 1,6 entre 2022 et 2025. Une croissance appelée à se poursuivre. Dans les années à venir, le marché de l’occasion progresserait trois fois plus vite que celui du neuf. Un essor que constate directement Vestiaire Collective, fondée en 2009, référence mondiale sur le segment du luxe d’occasion. «Le débat entre neuf et seconde main n'a plus vraiment lieu d’être, notamment chez les jeunes générations. Ce qui compte, c'est l'usage, la qualité et le sens donné à l'achat», observe Charles Bellois, responsable des opérations chez Vestiaire Collective.