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Adolescente tuée à l'arme blanche: au collège, parents et enfants face à "l'horreur absolue"

Le recueillement, la sidération et l'écoute: au lendemain du meurtre de Chloé, 14 ans, sur le chemin de son collège à Fère-en-Tardenois (Aisne), parents et enfants cherchent leurs mots...
Une collégienne de 14 ans a été tuée à l'arme blanche mercredi à Fère-en-Tardenois (Aisne) et une enquête pour assassinat a été ouverte © DENIS CHARLET

Une collégienne de 14 ans a été tuée à l'arme blanche mercredi à Fère-en-Tardenois (Aisne) et une enquête pour assassinat a été ouverte © DENIS CHARLET

Le recueillement, la sidération et l'écoute: au lendemain du meurtre de Chloé, 14 ans, sur le chemin de son collège à Fère-en-Tardenois (Aisne), parents et enfants cherchent leurs mots au moment du retour en classe.

L'établissement a ouvert ses portes jeudi matin aux élèves souhaitant être accueillis, sous le choc. La plupart d'entre eux, accompagnés par des gendarmes ou des personnels jusqu'à l'intérieur de l'établissement, n'ont pas souhaité parler à la presse.

Chloé, scolarisée en troisième, se rendait à pied au collège Anne de Montmorency mercredi matin lorsqu'elle a été mortellement blessée de plusieurs coups portés à l'arme blanche, selon le parquet de Soissons.

"C'est très difficile (...). C'est l'horreur absolue", témoigne aux médias présents, dont l'AFP, une mère de famille ne souhaitant pas donner son nom.

"On a parlé" de ce qui s'est passé en famille mercredi soir, confie-t-elle, disant "encourager" ses filles, dont l'une "connaissait très très bien" la victime, à se rendre à la cellule d'urgence médico-psychologique mise en place au sein du collège.

Ce jeudi matin, "j'ai accompagné mes enfants", poursuit cette mère. "D'habitude, elles prennent le bus, mais ce matin je voulais être là pour elles, c'était important d'être là pour mes filles", continue-t-elle, envahie par "la tristesse".

"On est à la campagne, on pense être en sécurité mais pas du tout", réagit Elodie, une autre mère de famille.

Sa fille Ashley, scolarisée en quatrième, se souvient de Chloé comme d'une adolescente "très gentille", qui n'était "jamais seule", toujours entourée d'amis.

Même si elle ne lui a parlé "que deux ou trois fois (...), ça fait bizarre parce que je la vois tout le temps et, du jour au lendemain, elle n'est plus là".

Au collège, "tout le monde parle de ça" et certains élèves "racontent n'importe quoi" sur le sujet, regrette Ashley: "C'est choquant".

"J'essaierai" d'aller parler à la cellule psychologique, ajoute-t-elle. "On verra comment ça se passe".

On en a parlé énormément

"Depuis hier, on en parle beaucoup, on en a parlé énormément à la maison et je pense que c'est important", assure sa mère.

Mais "c'est compliqué" de trouver les mots, reconnaît-elle, disant encourager sa fille à "ne jamais rester seule" et à "faire attention à ses fréquentations".

Deux bougies et deux bouquets de roses blanches ont été déposés devant les grilles du collège, a constaté une journaliste de l'AFP.

La préfète de l'Aisne, Fanny Anor, et le recteur d'Amiens, Pierre Moya, se sont rendus sur place jeudi matin pour apporter leur soutien à la communauté éducative et aux élèves mais n'ont pas souhaité parler à la presse.

Le rectorat a précisé avoir constitué dès mercredi des cellules d'écoute, qui y resteront "autant que nécessaire".

Madeleine Gabriel, la maire de Fère-en-Tardenois, petite ville de 2.800 habitants, n'a pas souhaité s'exprimer devant les médias pour l'instant.

L'enquête, ouverte pour assassinat, a mené à l'interpellation, mercredi en fin d'après-midi, d'un homme de 23 ans qui pourrait avoir entretenu une relation avec la victime, selon le parquet de Soissons.

"Sans profession", il vivait "chez ses parents", a écrit dans un communiqué, mercredi soir, la procureure de Soissons, Laureydane Ortuno.

Compte tenu de la qualification criminelle retenue, le parquet de Soissons devrait se dessaisir au profit du pôle criminel du parquet de Laon.

Cent-sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).