Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Agriculture biologique : une progression fragile en Saône-et-Loire

En Bourgogne-Franche-Comté, l’agriculture biologique a continué de reculer en 2024. Dans ce contexte défavorable, la Saône-et-Loire fait figure d’exception avec une légère hausse des surfaces certifiées, tout en restant l’un des départements les moins engagés dans la filière.

© Adobe Stock.
© Adobe Stock.

La Saône-et-Loire occupe encore une place marginale dans l’agriculture biologique régionale. En 2024, le département comptait 315 exploitations certifiées et seulement 4,6% de ses surfaces agricoles en bio, selon l’Observatoire régional de l’agriculture biologique. Ce taux reste nettement inférieur à celui d’autres territoires de Bourgogne-Franche-Comté, comme le Jura, l’Yonne, la Haute-Saône ou la Côte-d’Or, où la part du bio dépasse les 12%. Malgré ce retard structurel, la Saône-et-Loire est le seul département de la région à avoir enregistré une progression des surfaces bio sur l’année, avec une hausse de 4%.

Une dynamique portée par la viticulture

Cette évolution repose principalement sur la filière viticole. Le département comptait plus de 1 800 hectares de vignes conduites en agriculture biologique en 2024, auxquels s’ajoutaient près de 700 hectares en conversion. Cette dynamique s’inscrit toutefois dans un contexte économique contraint. Une part importante des vignobles est exploitée par des viticulteurs coopérateurs ou orientés vers la vente de raisins, un mode de valorisation moins rémunérateur que la commercialisation directe en bouteilles. Cette réalité limite les marges de manœuvre financières nécessaires aux changements de pratiques. En parallèle, la Saône-et-Loire se distingue aussi par son poids dans l’élevage bio régional, concentrant 17% des poules pondeuses certifiées et 15% des ateliers dédiés.

À l’échelle régionale, la tendance reste nettement orientée à la baisse. Pour la deuxième année consécutive, les surfaces biologiques ont reculé en Bourgogne-Franche-Comté, avec une diminution d’environ 2% en 2024. En trois ans, près de 18 000 hectares ont été reconvertis vers l’agriculture conventionnelle. L’année 2024 a comptabilisé 107 dé-certifications. Si une large majorité d’agriculteurs bio se disent satisfaits de leur engagement, seuls 23% se déclarent confiants pour l’avenir. Le manque de soutien public, le recul de la demande et les effets du changement climatique alimentent ce pessimisme persistant.