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Après CNews, Sonia Mabrouk passe à la concurrence et rejoint BFMTV

La journaliste Sonia Mabrouk, qui a quitté CNews et Europe 1 avec fracas après la polémique autour de l'animateur Jean-Marc Morandini, rejoint la concurrence à la rentrée et...
Jean-Marc Morandini arrive au tribunal de Paris, le 24 octobre 2022. © Alain JOCARD

Jean-Marc Morandini arrive au tribunal de Paris, le 24 octobre 2022. © Alain JOCARD

La journaliste Sonia Mabrouk, qui a quitté CNews et Europe 1 avec fracas après la polémique autour de l'animateur Jean-Marc Morandini, rejoint la concurrence à la rentrée et pilotera un rendez-vous politique sur BFMTV.

"J'ai choisi de rejoindre BFMTV. Je reconnais chez Rodolphe Saadé, propriétaire du groupe RMC BFM, comme chez Vincent Bolloré, une ambition, une vision, une capacité à bâtir des groupes solides dans la durée", a déclaré Sonia Mabrouk dans un entretien vendredi au Figaro.

Deuxième chaîne info de France en part d'audience derrière CNews, BFMTV a indiqué que la journaliste prendra "les commandes d'un grand rendez-vous politique" à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

L'ex-vedette de CNews et Europe 1 avait déjà été courtisée il y a un an par BFMTV. Elle nie toutefois que son départ des médias de la sphère Bolloré aurait été organisé de longue date. 

"Je n'ai rien négocié, rien anticipé, rien calculé. Je pars avec pour seul bagage mon engagement", affirme Sonia Mabrouk au Figaro.

"J'ai voulu rester fidèle à la ligne que je m'impose dans l'exercice de mon métier. Elle repose sur une exigence constante et un sens aigu de la responsabilité, a fortiori sur les atteintes aux mineurs", poursuit la journaliste franco-tunisienne de 48 ans.

Elle a quitté les médias dans le giron du milliardaire conservateur à la suite de la polémique autour du maintien de l'animateur Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews, malgré ses condamnations définitives en justice, pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel.

Jean-Marc Morandini s'est finalement lui aussi retiré de l'antenne, pour une durée indéterminée.

Selon Sonia Mabrouk, sa première condamnation définitive, intervenue le 14 janvier, "a été une bombe à fragmentation qui a altéré (s)a relation avec la direction de CNews".

Elle avait été la première à prendre ses distances avec le maintien de M. Morandini, suivie par les autres présentateurs stars Pascal Praud, Laurence Ferrari et Philippe de Villiers.

De nombreux responsables politiques avaient aussi critiqué ce maintien et boycottaient son émission de débats quotidienne.

Gagner la confiance

Avec Vincent Bolloré, "nos bonnes relations sont réelles et nous avons eu des conversations, évidemment", déclare Sonia Mabrouk dans le Figaro. "Je suis allée voir tous les protagonistes, y compris Jean-Marc Morandini. Cela n'a jamais été un chantage, et je n'ai jamais participé à une chasse à l'homme", assure-t-elle.

CNews, rejointe en 2017, et Europe 1, où elle a officié dès 2013, ont perdu un atout maître. Quant à BFMTV, qui a cédé sa place de première chaîne info il y a un an et demi, elle mise sur cette figure connue du grand public, même marquée par ses précédentes fonctions au sein de l'empire Bolloré.

La société des journalistes (SDJ) de BFMTV a prévenu : "Notre chaîne est une chaîne de faits et de journalisme de terrain devant les opinions." 

Le travail de Sonia Mabrouk "devra s'inscrire dans le cadre des exigences déontologiques et éditoriales qui s'appliquent à l'ensemble de nos équipes", exige la SDJ en réaction à sa nomination.  

D'après Fabien Namias, directeur général de BFMTV, "sa solide expérience d'intervieweuse, sa liberté de ton, son éthique font d'elle une grande professionnelle qui va renforcer l’offre de notre chaîne", estime-t-il dans un communiqué. 

Il veut que BFMTV soit "la chaîne incontournable du débat d'idée notamment dans la perspective de l'élection présidentielle à venir". 

Sonia Mabrouk pourrait-elle intervenir sur la radio RMC ou à La Tribune Dimanche, eux aussi détenus par CMA CGM? "Peut-être discuterons-nous dans un second temps de ce que je peux amener aux équipes", répond l'intéressée, qui doit d'abord accoucher au printemps de son deuxième enfant.

Les spéculations allaient bon train sur son point de chute. La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci avait dit mercredi "plutôt non" à sa venue dans le groupe public. "On n'est pas en manque de journalistes", avait-elle justifié devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public.

Sur CNews, une émission présentée par le journaliste Gauthier Le Bret, avec comme chroniqueur principal le patron du média identitaire Frontières Erik Tegnér, va reprendre la case 11h-13h après les départs de Jean-Marc Morandini et Sonia Mabrouk.