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Après l'attaque dans une école à Nice, le profil inquiétant de la mère mise en cause

La mère d'élève qui a menacé lundi la directrice et une enseignante d'une école maternelle de Nice était en situation irrégulière, assignée à résidence et fichée pour radicalisation islamiste, mais les motifs...
 © Jeremy MARTIN

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La mère d'élève qui a menacé lundi la directrice et une enseignante d'une école maternelle de Nice était en situation irrégulière, assignée à résidence et fichée pour radicalisation islamiste, mais les motifs de la violente attaque restaient inconnus mardi.

Dans l'école Clément Roassal, située dans un vaste ensemble scolaire d'un quartier métissé près du centre de Nice, l'agression, qui ne s'est pas déroulée devant les enfants, n'a pas modifié l'heure de sortie lundi ni la rentrée mardi. La directrice comme l'enseignante étaient présentes.

"Elles sont naturellement choquées, mais j'ai été formidablement ému par leur courage, par leur présence, même si elles ont subi un traumatisme incontestable", a déclaré à la presse le maire de Nice, Éric Ciotti (UDR), alors que le procureur de Nice, Damien Martinelli, a salué leur "sang-froid". 

La femme de 36 ans, interpellée lundi, doit être déférée mercredi matin pour être mise en examen pour tentatives d'homicide sur une personne chargée d'une mission de service public et séquestration, a annoncé le parquet, qui va requérir son placement en détention provisoire.

Pendant sa garde à vue, la femme a contesté les violences mais reconnu avoir actionné plusieurs fois son arme, en précisant qu'elle savait qu'elle était vide, et exprimé des regrets.

Née en Tunisie, elle est mère de quatre enfants, et séparée du père des deux plus jeunes, qui a été mis en examen pour tentative d'homicide et violences habituelles sur conjoint dans une affaire où elle est partie civile.

"Elle a fait l'objet d'une interdiction administrative de territoire depuis 2019, après avoir été reconduite en Tunisie, notamment pour des agressions" et des "propos à l'encontre de fonctionnaires de police", a expliqué le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Mais "elle a de nouveau été interpellée en France en 2023". Elle "pointait au commissariat" régulièrement et était actuellement sous le coup d'une IAT (interdiction administrative de territoire), a-t-il souligné.

"Elle a également fait l'objet d'un suivi au titre de la radicalisation", a annoncé le procureur dans un communiqué, sans faire état de propos liés à la religion pendant l'agression. 

La femme a évoqué "des accusations sur des faits d'agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime", a expliqué M. Martinelli, tout en relevant qu'aucune plainte ou signalement n'avait été enregistré.

Lundi matin, armée d'un couteau et d'une arme à feu qu'elle a déclaré avoir achetés deux jours plus tôt, elle est restée une heure dans le bureau de la directrice. Une vidéo partielle de leurs échanges a été retrouvée sur son téléphone.

Protection" et "accompagnement

La femme a frappé la directrice et a actionné son arme pointée sur elle, sans qu'aucun coup ne parte. Une enseignante croisée à la sortie du bureau a subi elle aussi une gifle et une menace avec l'arme, qui n'a toujours pas été retrouvée.

Devant les députés, M. Nuñez a déclaré que l'arme était "heureusement factice", mais selon le communiqué du procureur mardi soir, l'arme semble être "un pistolet automatique" sur la vidéo et la directrice a témoigné "avoir perçu qu'elle était en métal".

Repartie de l'école, la femme a été suivie grâce aux caméras de surveillance et interpellée peu après à son domicile dans une rue proche. 

Lors d'une perquisition, au cours de laquelle la femme a brièvement tenté de s'échapper, les enquêteurs ont retrouvé un couteau Laguiole ainsi que plusieurs passeports, dont certains pourraient être faux.

"Une fois de plus, nous sommes face à l'impuissance, face au laxisme, face à l'incompétence d'un gouvernement qui n'a pas su aujourd'hui faire respecter ses propres décisions et qui a fait de notre pays une passoire en laissant entrer des gens qui présentent des menaces pour nos concitoyens", a dénoncé M. Ciotti, qui a aussi annoncé un audit de sécurité dans toutes les écoles de Nice.

Lundi à la sortie de l'école, une mère était en larmes à l'idée que l'on puisse y entrer armé, mais chaque jour, des dizaines de parents et accompagnants entrent et sortent par la petite porte métallique verte de l'établissement pour aller déposer ou rechercher les enfants.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé qu'il se rendrait à Nice "en fin de semaine", assurant que les victimes recevraient "dans la durée, la protection et l'accompagnement dont elles ont besoin".