C’est au château d’Ételan qu’Émilie Pillon décide de nous rencontrer. «C’est le lieu où s'est déroulée la première assemblée générale de constitution d’Entre elles», s’enthousiasme l’ancienne gérante du restaurant Au Rendez-vous des chasseurs, à Maulévrier-Sainte-Gertrude. Entre elles, c’est le réseau d’entrepreneuses qu’elle a officiellement créé en 2024.
Rompre l’isolement
L’idée naît après la crise sanitaire. Émilie Pillon ressent alors le besoin d’échanger avec des femmes confrontées aux mêmes réalités qu’elle : la gestion d’une entreprise. «J’avais des amies qui n’avaient plus les mêmes préoccupations que moi. Même au repos, je pensais au travail. C’est aussi ça, entreprendre», raconte-t-elle.
L’ancienne restauratrice commence par rencontrer plusieurs de ses fournisseurs, puis des dirigeantes, puis «des amies d’amies dirigeantes». Très vite, les discussions s’orientent vers des problématiques concrètes. Elle se souvient : «La facturation électronique a été l’un des premiers sujets abordés». Alors, l’idée de créer une association prend forme. «Je ne pensais jamais que cela fonctionnerait», confie-t-elle.
L’esprit du réseau repose avant tout sur le partage d'expériences. «Il n’y a pas de compétition à qui aura le plus gros chiffre d’affaires. C’est du partage et de la bienveillance, sans faire de business», résume-t-elle.
Des rencontres régulières
Pour permettre au plus grand nombre de participer, l’adhésion n’est pas obligatoire. «Aujourd’hui, l’association compte 47 adhérentes et environ 150 femmes ont déjà participé à l’un de nos événements», précise-t-elle.
Tout au long de l’année, plusieurs rendez-vous sont organisés dans le territoire du pays de Caux : deux sorties culturelles, deux soirées thématiques avec un intervenant et l’assemblée générale annuelle. À cela s’ajoutent des rencontres plus spontanées «souvent proposées sur un coup de tête», sourit-elle, ainsi qu’un café réseautage organisé un lundi par mois.
Une nouvelle étape professionnelle
Ce réseau lui permet aujourd’hui de garder une vie active. «J’ai cédé mon établissement en janvier dernier». Après avoir repris le restaurant en 2018, Émilie Pillon a développé l’établissement, passant de deux à six salariés et renforçant sa notoriété sur le territoire. «Cette décision m’a fait du bien mentalement, j’étais arrivée au bout de cette expérience.»
Elle souhaite désormais développer son activité de repas en bocaux, lancée pendant la crise sanitaire. Destinée aux particuliers comme aux professionnels, l’offre rencontre toujours une demande soutenue. «Le concept fonctionne bien, mais je manque aujourd’hui d’un local pour pouvoir répondre à toutes les demandes», précise-t-elle.
Toujours animée par l’envie de «transmettre aux femmes entrepreneuses», Émilie Pillon envisage déjà une nouvelle étape pour le réseau Entre elles : l’organisation d’un salon, réunissant exposants et conférences, envisagé pour mars 2027.