Dossier

Avec ses vêtements français en lin, MiJuin prend de l'ampleur

C'est une petite entreprise seinomarine qui grimpe. À tel point que MiJuin, spécialiste du vêtement en lin, projette de s'installer dans un atelier de 300 m². Explications.

Ce 25 février à Paris, Pauline Beuzelin, gérante de MiJuin, présentait sa gamme 100% française de produits textile en lin au salon international de l'agriculture. © Aletheia Press / L.Brémont

Ce 25 février à Paris, Pauline Beuzelin, gérante de MiJuin, présentait sa gamme 100% française de produits textile en lin au salon international de l'agriculture. © Aletheia Press / L.Brémont

Lancée en 2022, MiJuin, spécialisée dans la confection française de vêtements en lin, poursuit son développement. L'entreprise, qui a démarré avec un atelier d'une soixantaine de mètres carrés à Malaunay, a plus que doublé sa surface en déménageant à la pépinière d'entreprises Seine-Écopolis, à Saint-Étienne-du-Rouvray. Et ce n'est pas fini ! «La pépinière est un tremplin, constate Pauline Beuzelin, fondatrice et gérante de MiJuin. Nous travaillons actuellement sur un futur atelier de 300 m² qui accueillerait plus de machines. Nous y développerions une équipe d'une quinzaine de personnes d'ici 2028».

Ce prochain agrandissement illustre le chemin parcouru et l'intérêt des consommateurs. «Nous recevons très régulièrement la visite imprévue de gens qui ont trouvé notre adresse sur internet. Ils ont envie de nous rencontrer, ils ont plein d'idées et achètent sur place», souligne la gérante qui projette de développer le tourisme de savoir-faire dans ses futurs locaux. Dans les faits, MiJuin affiche «entre 20 et 40% de croissance sur les deux précédentes années». Avec un Noël 2025 et un début d'année 2026 très bons, tous les espoirs sont permis. «Il nous faut donc vraiment nous organiser pour le printemps, parce que cette période devrait être très chargée», poursuit la fondatrice.

Médiatisations télévisées

Parmi les facteurs de développement, la jeune femme identifie trois émissions nationales de télévision qui ont mis le focus sur MiJuin. «Sur le front, sur France 5, de Hugo Clément, le «20 heures» de France 2 et le «19-45» de M6 ont parlé de nous» se réjouit-elle. Pour autant, l'entreprise travaille toujours à se faire connaitre. Rien d'étonnant donc à la voir sur le stand des producteurs seinomarins durant le Salon international de l'agriculture, fin février à Paris. En vedette, quelques-uns des produits incontournables : le sac banane beige, le sac de voyage et autres pochettes. Mais les chemises étaient également en bonne place. L'entreprise a également créé une gamme de linge de maison.

Pour se démarquer, MiJuin mise sur les circuits-courts, un choix rare dans le secteur du textile. De la culture à la transformation, «Toutes les étapes se déroulent entre la Normandie et les Hauts-de-France», souligne Pauline Beuzelin. Si cette qualité a un prix, environ 155 euros une chemise, l'entreprise a trouvé sa clientèle puisque ce produit représente 40% du chiffre d'affaires. 70% de la production est achetée par des particuliers. «Les 30% restants correspondent à des commandes personnalisées faites par des entreprises, ajoute la gérante. Cela peut être des tabliers pour un restaurant, des rideaux pour un hôtel, des pochettes d'ordinateur pour une entreprise…»

Trouver les compétences adéquates

Quatre ans après le lancement de MiJuin, Pauline Beuzelin, fait un premier bilan. «Au démarrage, on m'avait prévenue que je ne trouverais pas les personnes avec le savoir-faire nécessaire pour coudre. Cela s'est avéré inexact». L'équipe compte ainsi une couturière de métier et des jeunes passionnés par le métier. «Il y a de véritables échanges entre eux. Il y a un côté intergénérationnel que j'aime beaucoup et qui fonctionne bien», estime la gérante.

Seul point de vigilance, la solidité de la filière. «Nous dépendons d'acteurs qui ont relancé des outils industriels pour le filage, le tissage», souligne la jeune femme. Un pari financier qui comporte des incertitudes. «Mon inquiétude, c'est qu'un jour, ils aient des difficultés à trouver tous les débouchés nécessaires». Mais pas de quoi empêcher Pauline Beuzelin de se projeter dans l'avenir. «Nous lançons bientôt notre premier tee-shirt», confie-t-elle en souriant.

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont