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Baie de Somme : Champi’Crécy se lance dans la culture de morilles

Depuis un an, Thomas Gouesbier et Thibault Dutote cultivent, vendent et transforment pleurotes et shiitakés avec un grand succès, à Crécy-en-Ponthieu, dans la baie de Somme. Ils poursuivent leur aventure en produisant des morilles.

Des morilles en baie de Somme, il fallait y penser. Thomas Gouesbier et Thibault Dutote l’ont fait. Impossible toutefois de savoir où poussent les précieux champignons commercialisés autour de 100 euros le kilo. Par peur de vandales, ils tiennent le lieu secret. Juste savons-nous qu’il pousse depuis octobre en pleine terre, sous serre et qu’il est protégé par un voile d’ombrage qui n’est pas étanche, pour reproduire les conditions d’un sous-bois. «Les retours sont très bons. Les clients sont satisfaits de trouver de la morille française alors que 90% de ce qui est vendu vient de Chine», expriment-ils. 

Le duo d’entrepreneurs va en garder afin de produire de la sauce aux morilles et proposer des morilles déshydratées, qui une fois réhydratées retrouveront toutes leurs propriétés et relèveront les plats. 

Thomas Gouesbier et Thibault Dutote ont installé leurs bureaux à Crécy-en-Ponthieu, dans un ancien garage. Il leur sert de lieu de stockage. Ils sont proches de leurs cultures en caves de pleurotes, qui donne des grappes blanches, et de shiitakés, champignon parfumé d’origine japonaise au pied cylindrique et au chapeau plat et plus évasé que le celui de Paris, lancées l’an dernier. 

Des recettes maisons 

Ils avaient fait le choix de ces deux variétés pour leurs qualités gustatives et nutritives. Comme depuis leurs débuts, Thomas Gouesbier et Thibault Dutote font confiance à la conserverie Saint-Christophe d’Argoules pour cuisiner les neuf tartinables, les deux sauces, les deux pâtés et les trois veloutés dont ils ont concocté les recettes. 

Le 1er mai, il sera d’ailleurs possible de trouver tous leurs produits sur la foire agricole de Rue puis le 3 mai lors de la fête de la forêt de Crécy-en-Ponthieu. Ils apprécient tout particulièrement la possibilité de faire gouter leurs produits aux clients : «Ils disent que c’est bon et que ça sort de l’ordinaire, développent-ils. Même pour l’apéritif, les gens mangent de moins en moins de viande, comme du saucisson». Ils recherchent des saisonniers pour les épauler. 

Champi-Crécy compte déjà plus de 150 revendeurs, qui se trouvent essentiellement dans les Hauts-de-France, dont 43 sur le parc naturel régional baie de Somme-Picardie Maritime. Citons notamment La brûlerie à Abbeville, la Ferme des près salés à Noyelles-sur-Mer ou des épiceries fines au Crotoy ou à Saint-Valéry-sur-Somme. Il est possible de commander sur internet, notamment en click and collect et venir chercher leurs commandes dans leurs bureaux. Ils envoient aussi des commandes à Avignon ou Montpellier : «Le cercle des revendeurs continue de s’agrandir. C’est que les produits , plaisent»,constatent-ils humblement car ils savent qu’il leur faut séduire toujours plus de nouveaux clients pour perdurer.