Le constat dressé par Francois Thibaut et les experts de l'ONF est sans appel : l’avenir de la forêt régionale, deuxième plus vaste domaine public de France, se joue dès aujourd'hui. L'audition de Lilian Duband (ONF) souligne l'urgence d'adapter les plans de gestion sur 20 ans pour contrer des hausses de température pouvant atteindre +4°C d'ici 2100, menaçant directement la viabilité des peuplements actuels.
Une stratégie d'adaptation industrielle
Le levier économique majeur repose désormais sur le renouvellement forestier assisté. Pour maintenir une forêt multifonctionnelle, l’ONF déploie la "migration assistée" d’essences plus résistantes et privilégie une structure en mosaïque. Cette diversification est indispensable pour stabiliser un secteur qui génère des milliers d'emplois locaux. Toutefois, le réalisme économique impose une transition : même avec ces mesures, la productivité biologique des forêts diminuera, obligeant les acteurs de la filière bois à repenser leurs modèles de rentabilité autour d'une ressource devenue plus rare et précieuse.
Anticiper le risque de dépérissement
L'utilisation de la Trajectoire nationale d'adaptation (TRACC) permet désormais d'estimer la vulnérabilité des forêts à un horizon de 20 ans. Cette anticipation est cruciale pour les 32 % de forêts communales de la région, dont les revenus budgétaires dépendent directement des coupes de bois. En intégrant des indicateurs de risque climatique dans le pilotage économique, la région tente de sécuriser ses actifs naturels. L'enjeu est de concilier la protection de la biodiversité avec le maintien d'une capacité de production, même réduite, pour alimenter les scieries et industries locales.