En bref

Bouttencourt : Plastitek et Bigben Connected unis pour l’économie circulaire

Le préfet de la Somme s’est rendu chez Plastitek à Bouttencourt. Portée par Bigben connected, l'entreprise s’est lancée dans la fabrication de coques de smartphones en plastique recyclé. Une gamme comprenant lin et coquilles Saint-Jacques va être lancée. 



«Notre pays a laissé tomber l’industrie qui s’est affaissée de moitié. Aujourd’hui, il y a une volonté politique de gagner en souveraineté, de relocaliser. Cette entreprise est exemplaire car elle innove. Elle a su se diversifier avec les difficultés du secteur automobile. Elle fabrique des produits de consommation courante qui demandent de la haute technologie. Elle est capable de rapatrier de nouveaux produits et d’être compétitive». 

Au terme de sa visite de l’usine Plastitek de Bouttencourt, 18 salariés et sous traitant dans l’injection plastique l'injection plastique - automobile, construction (électricité, plomberie), loisirs et pharmacie-, Rollon Mouchel-Blaisot, préfet de la Somme, ne cachait pas sa satisfaction. Il faut dire que l’entreprise a su trouver de nouveaux marchés suite à la grosses baisses des commandes automobiles, qui représentaient 60% de l’activité en 2014 contre 13% aujourd’hui. 

Savoir se démarquer

Dès cette année-là, elle s’est mise à fabriquer des boites de dérivation pour Debflex (groupe Legrand), installé à Feuquières-en-Vimeu, et trois millions sortent du site par an. Puis en 2021, de coques de de téléphonie Bigben connected, pionnier français et spécialiste européen de l'accessoire pour smartphones et équipements numériques, basé à Lesquin, près de Lille, qui venaient auparavant de Chine. 

«C’était difficile de trouver un partenaire français», explique Michel Bassot, président du groupe Bigben Connected. De son côté, Emmanuel Mauduit, président directeur de Plastitek, a loué un travail mené à trois ans. Quant à NaturePlast, situé dans le Calvados, compose les mélanges avant que les essais soient réalisés à Bouttencourt : «Nous réalisons environ 500 000 coques origine France garantie sur une vingtaine de références, a t-il précisé. Cela nous demande beaucoup de flexibilité mais c’est un beau challenge». 

Forte baisse des consommations électriques 

L’entreprise compte 15 presses à injecter, dont une nouvelle presse acquise avec l’aide de l’Ademe et des primes C2E. Elle a aussi investi dans une machine de conditionnement et de mise en étui : «L’âge moyen des machines est de six ans. En quatre ans, nos consommations électriques ont baissé de 40%», s’est réjouit Emmanuel Mauduit.  

Depuis peu, elle s’est lancée, pour Bigben connected, dans la fabrication de deux gammes de coques composées de matières plastiques recyclées, de 50% de matières bio sourcées (déchets de sucre de canne). A cela s’ajoute pour la gamme fibres, 3,5% d’anas de lin, et pour la gamme mer, 3,5 de coquilles Saint-Jacques. 

Désormais, les relocalisations représentent 70% du chiffre d’affaires de Plastitek. Elles vont se poursuivre avec un nouveau modèle de casquette de sécurité et un partenariat avec Nacon industrie pour la production de manettes de jeux vidéos.

Un coque qui rougit grâce à des lycéens de la Sainte-Famille 

Dans le cadre des mini-entreprises, Plastitek a collaboré avec une classe de seconde de la Sainte-Famille à Amiens lors de l’année scolaire 2025/2026. Objectif : fabriquer une coque de téléphone qui réagit aux ultra-violets du soleil afin que ceux qui la possèdent soient prévenus de se protéger avant d’attraper un méchant coup de soleil. Elle a été baptisée "La coque qui rougit avant toi" : «En quelques secondes, elle passe du blanc au rouge, nous explique Emmanuel Mauduit, en nous emmenant dehors, la fameuse coque à la main. Nous sommes allés chercher des pigments spéciaux». En effet, en quelques secondes, la coque prend une couleur écarlate.