Pour la quatrième année, la Banque publique d'investissement a publié, ce mercredi 11 mars, son Observatoire industrie, qui suit de près la dynamique des sites français. Un suivi au plus proche des territoires puisque Bpifrance s'appuie sur ses 50 implantations régionales pour analyser ces données. L'exercice est rodé pour Bpifrance puisque depuis quatre ans, la banque publique publie sur ces chiffres, témoins de l'activité industrielle française. Cependant, la particularité de cette édition 2025 réside dans la prise en compte également des fermetures de sites et inclut la dynamique des grands groupes. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que 2025 a été un bon cru. Activité soutenue, start-ups deeptech en effervescence... l'Observatoire a recensé une activité dynamique avec, au total, 245 nouveaux industriels inaugurés contre 195 en 2024. Malgré une hausse des fermetures de sites industriels – dans notre région, celle d'Ynsect, à Poulainville, près d'Amiens, en est un exemple, avec la suppression de centaines d'emplois –, le solde reste à l'équilibre en 2025.
«On est loin de la désindustrialisation dont on entend parler. En ce qui concerne les défaillances, l'industrie n'a pas connu d'évolution significative», témoigne Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, même si des nuances sont à apporter entre les grands groupes, assez structurées pour éviter les défaillances, et les TPE/PME, beaucoup plus fragiles (l'Observatoire témoigne de 151 fermtures pour les PME/ETI).
La transition écologique, vecteur majeur
En 2025, Bpifrance a donc recensé 245 ouvertures (et/ou extensions) de sites industriels pour 244 fermetures. Surtout, l'analyse sectorielle met en évidence que les filières les plus innovantes et les plus engagées dans la transition écologique sont celles qui tirent la dynamique nationale, à l'image de la chimie verte, des produits bio-sourcés, de la gestion des déchets de chantier, etc... Les industries vertes ont enregistré la plus forte progression avec 61 usines inaugurées depuis 2024 pour seulement 21 fermetures. Dans les Hauts-de-France, qui concentrent neuf ouvertures de sites, on peut par exemple citer NeoCem (production de ciment bas carbone, Saint-Maximin), Conteco (construction modulaire hors-site, Amiens) ou encore Battri (recylcage de batteries, à Arras).
7,9 milliards d'euros pour soutenir l'industrie
Dans le détail, sur ces 245 ouvertures, 75 le sont par des start-ups (deux fois plus qu'en 2022), 128 par des PME et ETI et 42 par des grandes entreprises. «Le choc chinois est là mais on court devant et on ouvre de nouvelles usines. Il y a donc un vrai travail pour nous pour financer et de trouver de nouveaux projets», analyse Nicolas Dufourcq. En janvier 2022, la banque publique a d'ailleurs lancé le plan Startups et PME industrielles, avec le soutien de l'État dans le cadre de France 2030. Les chiffres parlent d'eux-mêmes puisque les objectifs fixés ont déjà été dépassés : 203 inaugurations ont été recensées alors qu'il était question d'en faire émerger... 100. Bpifrance a mobilisé 7,95 milliards d'euros en 2025 pour soutenir 12 100 entreprises industrielles, dont 410 millions en capital-risque.
Les territoires en première ligne
Fait marquant du côté des start-ups : sur les 3 500 à vocation industrielle recensées, un tiers relève de la deeptech, la moitié de la green tech mais surtout, 76% sont implantées en dehors de l'île-de-France. Dans les Hauts-de-France, on en compte 6% ; parmi elles, CST (sécurisation de documents d'identité, Fiboo (matériaux à base de bambou pour la construction); Terra Distillerie... Surtout, elles ont levé 14,4 milliards d'euros depuis 2022 – dont 3,7 milliards d'euros en 2025 contre 2,8 milliards en 2024 et... moins d'un milliard juste avant le Covid. Une dynamique portée par la santé, les batteries, la robotique ou encore les technologies énergétiques.